
Le président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, est sorti de sa tanière, ce lundi 9 octobre 2017. Entouré de ses plus proches collaborateurs, il a réuni les journalistes pour leur porter l’information « juste » sur la situation qui prévaut au sein du parti et marquée par la démission, la semaine dernière, de treize députés du groupe parlementaire UPC.
« Usurpation de titre ». Ce sont les termes utilisés par Zéphirin Diabré pour qualifier la création d’un « groupe parlementaire » dénommé UPC/Renouveau démocratique par les treize députés démissionnaires du parti. Face aux journalistes, aux principaux responsables et militants de l’Union pour le progrès et le changement, il a expliqué que la création d’un groupe parlementaire obéit à des règles. Elle fait suite à une rencontre de la conférence des présidents, et à un acte du président de l’Assemblée nationale. Le président de l’Union pour le progrès et le changement, principal parti d’opposition, a donc invité le patron de l’hémicycle à trancher rapidement la question en organisant cette conférence des présidents.
« Il n’appartient pas au parti de les blanchir »

- Une vue des journalistes, d’un côté et des militants, de l’autre
Pourquoi les démissionnaires avec à leur tête le député Daouda Simboro ont-t-il rendu le tablier en quittant le groupe parlementaire UPC ? A cette interrogation Zéphirin Diabré relate qu’une délégation de quatre députés démissionnaires a rencontré la direction du parti (lui, un vice-président et le secrétaire général du parti), le 4 octobre dernier, mais n’a pas souhaité pipé mot sur les raisons de cette démission. Mais au regard des différents développements dans la presse, le parti du « Lion » pense que « la principale raison semble liée à la publication, le 10 septembre 2017, par le bimensuel « Courrier confidentiel » d’une liste de députés UPC accusés d’avoir trempé dans un complot avec des responsables du MPP pour la création d’un nouveau parti ».

- Zéphirin Diabré était entouré de ses plus proches collaborateurs au sein de l’UPC
Selon Zéphirin Diabré, le parti ne porte aucune accusation nominale sur la liste des démissionnaires et soutient qu’il n’appartenait pas au parti de les blanchir mais aux députés incriminés dans l’article de presse d’apporter un démenti. Zéphirin Diabré a également confié que les démissionnaires veulent leur faire porter le chapeau que « l’opération a été montée pour les écarter et préparer la succession dans les provinces en prélude aux élections de 2020 ». Une accusation jugée « absurde » par M. Diabré qui précise qu’il appartient aux militants de choisir les candidats et non à la direction du parti.
Par ailleurs, il a indiqué que le parti n’a jamais fermé la porte à un élu. « Si on sait où trouver le président du parti pour demander un soutien pour des activités dans sa province, on doit savoir le trouver pour parler politique ».
De nouveaux arguments rejetés par la direction du parti

- Quelques députés de l’UPC
« Manque de démocratie au sein de l’UPC, présence du parti au sein de l’opposition, prétendue inégalité dans le traitement des députés ». Selon Zéphirin Diabré, voilà les nouveaux arguments « ridicules et infondés » avancés par les démissionnaires pour justifier leur action. « Quitter un groupe parlementaire peut se comprendre si on n’arrive pas à s’exprimer. Or deux des démissionnaires sont président et vice-président du groupe parlementaire. Comment peuvent-ils être les premiers responsables de ce groupe et ne pas être libres de s’exprimer ? », s’interroge le président de l’UPC qui soutient que la création d’un autre groupe parlementaire ne résous pas les problèmes de gouvernance au sein du parti. Et de confier que l’idée de création de ce groupe parlementaire remonte en réalité à la réunion du Bureau politique national organisé l’année dernière.
Complot ?
En effet, selon Zéphirin Diabré, c’est au premier semestre de l’année 2016, qu’il a été alerté que le Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir, s’apprêtait à faire modifier la loi sur le nomadisme politique. Un « article 37 bis », à l’en croire, qui permettrait à quiconque décide de démissionner de son parti, de pouvoir conserver son siège. « Le projet a été abandonné », s’est-il réjouit, après avoir rappelé à un haut responsable du MPP que l’opposition ne se laisserait pas faire.
Pour lui, cette démission des députés est un complot ourdi par le MPP pour déstabiliser l’opposition. « On ne jette des cailloux que sur les arbres qui ont des fruits », a soutenu Zéphirin Diabré. Et de rassurer les militants qui se posent des questions « C’est la campagne de 2020 qui a commencé. Face à l’échec criarde de sa politique, le MPP pense qu’il faut qu’il élargir sa base (…) ils ont dégainé un peu trop tôt ». Et pour le président de l’UPC et ses autres collaborateurs tels que Henriette Zoumbaré, Moussa Zerbo ou Rabi Yaméogo, le parti ne compte « céder ni à la panique ni à la précipitation ni au chantage »
La direction du parti dit ne pas en vouloir aux démissionnaires car ces derniers, à l’en croire, restent ses camarades jusqu’à leur départ de l’UPC. « Mais, le dernier mot revient aux militants (…) Ce sont eux qui donnent le brevet ».
En attendant, il a été annoncé par le correspondant provincial de l’UPC du Kadiogo, Rabi Yaméogo, la tenue d’une conférence de presse des militants du parti, ce mardi, pour dresser le plan d’actions de récupération des mandats des députés démissionnaires.
Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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