Elu à la tête de la République du Bénin, en mars 2016, Patrice Talon effectue, les 9 et 10 octobre, sa première visite officielle au Burkina. Arrivé dans la soirée de lundi, 9 octobre 2017 pour une « visite d’amitié et de travail », le président béninois a eu une séance de travail avec ses compatriotes vivant au Burkina avant d’être reçu autour d’un dîner offert par son homologue, Roch Kaboré. Au cours de cette soirée de convivialité et de fraternité, Patrice Talon a été levé au rang de Grand Croix de l’Ordre national par le président du Faso.

Sitôt arrivé à 17h, et accueilli à sa descente d’avion par le président du Faso, le Chef d’Etat béninois a mis le cap à son pied-à-terre, Laïco Hôtel, sis au quartier Ouaga 2000 où il a échangé avec ses compatriotes vivant au Burkina. Puis, la Présidence du Faso pour un dîner offert par son homologue, Roch Kaboré. Là, l’acte majeur a été la reconnaissance du Burkina à son hôte ; Patrice Talon est désormais Grand Croix de l’Ordre national burkinabè. Une façon de renforcer la fraternité et l’amitié entre ces deux pays.

Selon le président du Faso, Roch Kaboré, c’est avec honneur que le peuple burkinabè accueille à Ouagadougou, le président Patrice Talon. Ce, d’autant que c’est la première visite officielle qu’il effectue au Burkina (depuis son élection en mars 2016).

Il a saisi l’occasion pour réitérer ses félicitations à son hôte pour cette élection à la tête de son pays. « Le bon déroulement de ce scrutin honore le Bénin et l’Afrique tout entière », s’est-il dressé à son invité, saluant son sens élevé du devoir pour la défense des intérêts de son pays.

Selon Roch Kaboré, cette visite s’inscrit dans la continuité de longues années de coopération, de partenariat et va contribuer à donner une impulsion nouvelle aux relations d’amitié et de fraternité qui existent entre les deux et les deux peuples.

Il a aussi déclaré que les relations entre les deux pays sont « anciennes, fortes et exemplaires » avant de souhaiter leur renforcement.

Sur le volet lié à la lutte contre l’insécurité, Roch Kaboré est revenu sur certaines initiatives, notamment la mise en place du G5 sahel. De son avis, la lutte contre ce phénomène d’insécurité (y compris la piraterie maritime) dans la sous-région doit être un objectif commun.

« Je voudrais vous féliciter, et vous rassurer que sur le terrain de l’action positive et de la défense des causes nobles, vous pouvez compter sur le soutien du Burkina Faso », a déclaré le président du Faso.

Le président de la république du Bénin, Patrice Talon, s’est d’abord montré reconnaissant au peuple burkinabè pour la distinction qui est faite à son peuple, son gouvernement et à lui-même.

« Je voudrais vous dire merci pour l’hospitalité dont jouissent les Béninois vivant au Burkina. Je viens de la recevoir, il y a quelques temps, la communauté béninoise, j’ai été ému par les témoignages qu’ils m’ont fait, de ce qu’ils vivent au Burkina ; ce que je n‘ai entendu nulle part », a-t-il exprimé, remerciant le peuple burkinabè pour cette hospitalité. ‘’Je sais que nous ne sommes pas les seuls bénéficiaires de cette grandeur et au nom de la communauté africaine globalement, je voudrais vous dire merci pour l’exemple que le Burkina donne en matière d’intégration ; parce que l’intégration commence par l’amitié », a dit le président béninois avant d’inviter à œuvrer pour l‘intégration des pays.

Convaincu qu’« ensemble, nous parviendrons à sortir de la pauvreté », M. Talon affirme qu’il est évident que les pays africains ont les moyens humains pour parvenir au développement.

‘’Ce qui manque à la sous-région, c’est l’organisation, le sérieux, la détermination. Mais notre rôle, en tant que gouvernants, c’est d’amener les citoyens à être plus organisés, plus déterminées dans le travail au quotidien », a-t-il appelé en substance.

Tout en partageant la vision de son homologue sur la lutte contre l’insécurité dans la sous-région, Patrice Talon s’est en outre félicité la baisse des tracasseries sur le corridor allant du port de Cotonou à Ouagadougou. Pour lui, les pays de la sous-région ont besoin d’échanger davantage.

‘’Le marché de la sous-région est aussi important que celui de l’Europe. Donc, il peut être un important levier de développement », peut-on retenir de son intervention. Il préconise donc que les infrastructures soient développées entre les pays, pour faciliter les échanges. Car, poursuit-il, convoyer des produits de Cotonou à Ouaga n’est pas aisé (car coûteux) et vice-versa, que de le faire dans l’un ou l’autre pays vers l’Europe. « C’est une situation qui ne nous honore pas », perçoit-il.

Le président béninois a aussi déploré la quasi-inexistence du tourisme en Afrique, tant entre les pays africains qu’entre l’Afrique et l’Europe, alors que ce secteur se positionne comme un domaine d’avenir.

« L’Afrique est le continent où le tourisme n’existe pratiquement pas, pourtant le loisir est en train de devenir le premier marché après l’alimentation », a exposé Patrice Talon.

OLO

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Source: LeFaso.net