À l’occasion de la célébration différée de la Journée internationale des droits des femmes, organisée le 24 avril 2026 à Ouagadougou par les femmes de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), l’ancienne ministre et directrice de recherche à la retraite, Mamounata Bélem, a livré une communication forte sur le rôle stratégique des femmes de la recherche dans la promotion de la cohésion sociale.

Placée sous le thème : « Femme de la recherche : quelle contribution à la promotion de la cohésion sociale au sein de nos institutions et de nos familles pour une construction d’une paix durable dans notre pays ? », cette rencontre a constitué un cadre de réflexion profonde sur les responsabilités sociales, professionnelles et familiales des femmes évoluant dans les instituts de recherche.

Dans son intervention, Mamounata Bélem a souligné que la cohésion sociale au sein d’une institution comme l’INERA repose avant tout sur le respect mutuel, la solidarité, la responsabilité professionnelle et la reconnaissance du rôle de chaque acteur, quel que soit son grade ou sa fonction. Selon elle, qu’il s’agisse de directrices de recherche, de maîtres de recherche, de chargées de recherche, d’attachées de recherche, d’ingénieures, de gestionnaires des ressources humaines, de secrétaires, de communicatrices, de techniciennes de laboratoire ou encore de stagiaires, chaque femme a une mission essentielle dans la consolidation du vivre-ensemble.

La première femme ministre en charge de l’Eau et des Aménagements hydrauliques du Burkina Faso, de 2013-2014, a insisté sur la nécessité, pour les femmes responsables, de conjuguer leadership et valeurs familiales, notamment leurs rôles de mère et d’épouse, afin de prendre des décisions équilibrées favorisant l’harmonie sociale. « La femme est indispensable dans la communauté humaine. Traditionnellement, elle se distingue par certaines fonctions primordiales ; elle joue le rôle d’épouse, de mère, de ménagère et exerce une influence considérable sur son milieu social. Pour les sociologues, ses rôles sont construits par la société. Dans certaines familles traditionnelles polygames, la première épouse joue le rôle de chef de famille. C’est elle qui transmet les valeurs endogènes de la famille. La femme de la recherche a un autre rôle au niveau de son espace de travail qu’est l’institut et ses démembrements, s’agissant de l’INERA », a rappelé madame Bélem.

Pour l’ancienne ministre, l’ascension professionnelle ne doit jamais être source d’arrogance, de jalousie ou d’exclusion. Au contraire, les femmes ayant atteint des grades élevés doivent servir de modèles, accompagner les plus jeunes et favoriser leur progression.

Mamounata Bélem a également dénoncé certaines attitudes nuisibles à la cohésion sociale, notamment le manque de respect envers les femmes occupant des postes de responsabilité, les discriminations liées au genre, les rivalités internes, ainsi que les comportements dévalorisants.

Préserver l’harmonie du couple

Dans le couple, elle invite les femmes à adopter des comportements bienveillants pour éviter les conflits. L’ancienne directrice de recherche appelle les femmes à éviter de lire les messages téléphoniques de leurs époux ;( (cela est aussi valable pour les époux), à éviter d’utiliser des termes provocateurs avec les collègues hommes (exemple : appeler son collègue mon chéri), à éviter de se quereller avec son époux devant les enfants. Car cela oblige les enfants à choisir un des deux parents, fragilisant ainsi la cohésion sociale et l’harmonie.

Mamounata Belem, ancienne ministre, ancienne directrice de recherche

Au niveau des enfants, elle invite les femmes à tenir compte de la personnalité de chaque enfant, à respecter l’enfant qui naît en seconde position. « Il ne faut pas lui donner rien que les restes de son aîné. Il a besoin aussi d’un vélo neuf, d’un sac neuf, pas des vieux vélos et sacs de son aîné. Il ne faut pas comparer les enfants dans leur rendu scolaire. Cela peut rendre le plus faible dégoûté de l’école. IL faut éviter de privilégier les étrangers à ses propres enfants. Exemple : il ne faut pas faire descendre l’enfant de son lit pour l’étranger sans avoir expliqué à l’enfant le bien-fondé de cet acte. Cela marque les enfants qui ne comprennent pas. Quand on fait un plat spécial pour un étranger, il faut prévoir la part des enfants, sinon ils seront frustrés que la maman serve un plat spécial à un étranger et pas pour eux. Il peut arriver que l’enfant réclame sa part devant l’étranger et cela ne présente pas bien », a expliqué madame Bélem aux femmes. Aussi, elle a exhorté les femmes à être bienveillantes envers leurs employés de maison.

Elle a rappelé que la cohésion sociale commence en famille pour s’étendre au milieu professionnel et à la communauté. Dans ce sens, la femme joue un rôle fondamental dans la médiation, l’éducation, la prévention des conflits et la construction d’une paix durable.

Face aux défis sécuritaires et sociaux que traverse le Burkina Faso, la communicatrice a invité les femmes de la recherche à devenir des promotrices actives de paix, d’inclusion et de justice sociale.

Elle les a invitées à accompagner toutes les initiatives gouvernementales de recherche de la cohésion sociale.

En conclusion, Mamounata Bélem a indiqué que les principes évoqués pour les femmes de la recherche sont également valables pour les hommes, car la cohésion sociale est une responsabilité collective.

Cette célébration du 8 mars à l’INERA aura ainsi permis de réaffirmer la place centrale des femmes dans la transformation des institutions de recherche, mais aussi dans la consolidation de la paix sociale au Burkina Faso. Par leur engagement professionnel, leur sens de la médiation et leur capacité de leadership, les femmes de la recherche apparaissent plus que jamais comme des actrices incontournables du développement et de la stabilité nationale.

Rama Diallo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net