La première édition de la Foire transfrontalière agricole SKBoWa se tiendra du 20 au 29 novembre 2026 à Bobo-Dioulasso, sur le site de la Semaine nationale de la culture (SNC). Placée sous le thème « Commerce transfrontalier : valorisation des produits des filières agricoles pour le développement économique et la cohésion sociale », elle ambitionne de renforcer les échanges commerciaux entre le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire et le Ghana. Les organisateurs visent 20 000 participants et prévoient 300 stands d’exposition.

Faire des complémentarités agricoles un levier de développement économique et de rapprochement entre les peuples, c’est l’ambition de la première édition de la Foire transfrontalière agricole SKBoWa, dont les grandes articulations ont été présentées aux professionnels des médias, ce vendredi 30 octobre 2026, à Bobo-Dioulasso. À travers cette initiative, les organisateurs entendent créer un cadre de rencontres et d’opportunités d’affaires entre les acteurs des filières agricoles de quatre villes à savoir Sikasso, au Mali, Korhogo, en Côte d’Ivoire, Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, et Wa, au Ghana.

Selon la déclaration liminaire lue par Paul Ouédraogo, président d’honneur de l’Interprofession de la mangue du Burkina Faso, représentant le comité régional d’organisation à travers le président du Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina Faso (CCIOA-BF), cet espace transfrontalier est historiquement marqué par des échanges commerciaux et des liens sociaux et culturels. Bien avant la délimitation des frontières administratives, les populations de ces territoires entretenaient des relations commerciales autour de produits tels que la cola, le riz et le bétail… Une dynamique que les organisateurs souhaitent aujourd’hui consolider en offrant aux acteurs économiques de nouvelles possibilités de collaboration.

Paul Ouédraogo, président d’honneur de l’Interprofession de la mangue du Burkina Faso, représentant le comité régional d’organisation

Transformer les complémentarités agricoles en opportunités d’affaires

L’espace SKBoWa dispose d’un potentiel agricole important, avec une diversité de productions comprenant notamment le maïs, le manioc, le soja, la mangue, la volaille, la pomme de terre, le bétail, la viande, le poisson, le blé et l’anacarde. Malgré cette diversité, les échanges entre les différents territoires restent confrontés à plusieurs difficultés.

La fragmentation des marchés, la méconnaissance des produits disponibles dans les territoires voisins, les barrières non tarifaires, les contraintes fiscales et la faible structuration de certains circuits de distribution constituent autant d’obstacles à la fluidité des échanges commerciaux. « Des produits existent. Des producteurs existent. Des transformateurs existent. Des acheteurs existent. Ce qui manque trop souvent, c’est l’occasion de se rencontrer », a souligné Paul Ouédraogo dans sa déclaration.

La foire se veut ainsi une plateforme de mise en relation entre producteurs, transformateurs, commerçants, entreprises et acheteurs. L’objectif est de faciliter la commercialisation des produits agricoles, de favoriser la conclusion de partenariats et de contribuer à l’ouverture de nouveaux débouchés pour les acteurs des quatre pays.

Une vue des journalistes présents à la conférence de presse

300 stands pour valoriser les produits de quatre pays

Pendant dix jours, 300 stands accueilleront des exposants venus du Burkina Faso, du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Les produits d’une vingtaine de filières agricoles ainsi que le savoir-faire des acteurs seront mis en valeur. Au-delà de l’exposition-vente, plusieurs activités sont prévues pour favoriser les échanges d’expériences et le développement de relations commerciales durables. Des journées consacrées à chacun des quatre pays permettront de présenter leurs spécificités et leurs opportunités économiques.

Des conférences et des panels réuniront également des experts et des professionnels autour de thématiques telles que le commerce transfrontalier, la transformation agricole, l’accès aux marchés, la compétitivité et l’intégration économique sous-régionale. La dimension culturelle ne sera pas en reste. Un espace de jeux sera aménagé pour les enfants afin de permettre aux familles de participer à l’événement dans un cadre convivial. La cérémonie officielle d’ouverture est annoncée pour le samedi 21 novembre 2026, dans la matinée, sur le site de la SNC. La Nuit des filières figure également au programme des temps forts de la manifestation.

La photo de famille des membres du comité régional d’organisation de la foire

Une initiative soutenue par plusieurs partenaires

La Foire transfrontalière agricole SKBoWa est portée par le Cadre de concertation des organisations interprofessionnelles agricoles du Burkina Faso, en collaboration avec les ministères en charge de l’agriculture du Burkina Faso, du Mali, du Ghana et de la Côte d’Ivoire, ainsi qu’avec le ministère burkinabè chargé du commerce. L’initiative bénéficie de l’appui de l’Allemagne, avec un cofinancement de l’Union européenne, mis en œuvre par la GIZ à travers le projet SKBoWa Pour les organisateurs, cette première édition doit constituer un point de départ vers une meilleure intégration des marchés agricoles de cet espace transfrontalier.

L’enjeu est de faire en sorte que les contacts noués pendant la foire se transforment en partenariats commerciaux durables, susceptibles de générer de la valeur ajoutée et des emplois au profit des acteurs des différentes filières. À cet effet, un appel a été lancé aux producteurs, transformateurs, commerçants, organisations professionnelles, entreprises et acheteurs des quatre pays afin qu’ils prennent part à cette rencontre. Les inscriptions pour l’exposition-vente sont ouvertes jusqu’au 10 novembre 2026.

Du 20 au 29 novembre 2026, Bobo-Dioulasso entend ainsi devenir un carrefour d’échanges commerciaux et de valorisation des produits agricoles de l’espace SKBoWa, avec l’ambition de faire du commerce transfrontalier un instrument de développement économique et de cohésion sociale.

Romuald Dofini

Lefaso.net

Source: LeFaso.net