
Le retour des orpailleurs burkinabè expulsés de Guinée mobilise les autorités nationales. Face à l’arrivée progressive de ces compatriotes, les acteurs de la réponse humanitaire s’activent pour leur accueil dans des conditions dignes. Présidée par le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, la réunion d’urgence du Conseil régional de secours d’urgence et de réhabilitation (CORESUR) a permis de faire le point de la situation et de planifier les dispositions nécessaires à leur prise en charge. La réunion se tient ce vendredi 6 novembre 2026, à Ouagadougou.
Selon les données communiquées au cours de la rencontre, à la date du 5 novembre 2026, un total de 3 533 personnes avait été recensé à Koloko et à Bobo-Dioulasso. Parmi elles figurent 2 428 hommes, 209 femmes et 896 enfants. Ces chiffres pourraient évoluer au fil des arrivées, puisque de nombreux compatriotes se trouvent encore sur le territoire malien, où s’organise une partie de leur retour vers le Burkina Faso.
La ville de Bobo-Dioulasso constitue le principal point d’entrée et le premier site d’accueil de ces personnes. C’est à partir de cette localité que sera organisée leur répartition en fonction de leurs régions de provenance ou de destination. Ouagadougou constitue également un deuxième site important dans le dispositif d’accueil. Certains y transiteront avant de rejoindre leurs localités respectives.
Sur le terrain, le dispositif d’acheminement commence progressivement à se mettre en place. Deux cars étaient déjà arrivés à Bobo-Dioulasso au moment de la réunion. Une cinquantaine d’autres véhicules étaient attendus d’ici au petit matin du samedi 7 novembre 2026. Les autorités anticipent ainsi l’arrivée d’environ 4 000 personnes à Bobo-Dioulasso dans les prochaines heures. Pour mieux apprécier l’ampleur des besoins et anticiper les difficultés liées à cette opération, le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) a dépêché une vingtaine de personnes sur le terrain. Cette équipe est chargée d’évaluer la situation et de contribuer à l’organisation de la prise en charge des personnes concernées.
Au-delà de leur acheminement vers le territoire national, l’enjeu est de leur réserver un accueil digne, en tenant compte de leurs besoins et de leur vulnérabilité, notamment ceux des femmes et des enfants. La coordination entre les différents sites d’accueil et les acteurs mobilisés apparaît donc essentielle pour éviter les difficultés dans la gestion de ces arrivées massives. Pour apporter une prise en charge conséquente, le CORESUR a mis en place des commissions. Il s’agit entre autres de la commission accueil et hébergement.
Cette commission est chargée d’accueillir, de vérifier l’identité des personnes et d’assurer leur sécurité. Elle est assurée par les directions régionales du ministère en charge de la solidarité et de la sécurité. Il y a la commission santé. Elle est pilotée par la direction régionale de la santé et la Croix-Rouge. Elle prendra en charge les cas de maladie et la prise en charge psychosociale. La commission eau et assainissement est chargée d’assurer l’approvisionnement en eau potable et la gestion des toilettes et le dispositif de lave-mains. Elle est assurée par le ministère en charge de l’eau et de l’asainissement et les différents arrondissements. Les sites d’accueil seront connus à l’issue de la réunion.
Rama Diallo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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