
La dynamique de valorisation des expressions culturelles burkinabè se poursuit à Bobo-Dioulasso dans le cadre de la 22ᵉ édition de la Semaine nationale de la culture (SNC). En effet, le ministre de la famille et de la solidarité, le lieutenant-colonel Pélagie Kabré/Kaboré, a procédé à l’ouverture officielle du marché des arts et du Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL), catégorie arts plastiques, le lundi 27 avril 2026 à la Maison de la culture Mgr Anselme Titianma Sanon.
Fidèle à son ambition de promotion et de structuration du secteur culturel, la Semaine nationale de la culture (SNC) 2026 continue de dérouler un programme riche et varié. Le lancement du marché des arts et de l’exposition des œuvres plastiques en compétition s’inscrit dans cette logique de mise en lumière des talents et de création d’opportunités pour les acteurs culturels. La cérémonie a été ponctuée par des allocutions, des prestations artistiques et une visite guidée des expositions.
Cette cérémonie était placée sous le parrainage du ministre de l’économie et des finances, représenté pour l’occasion par le ministre en charge de la famille et de la solidarité, Pélagie Kabré/Kaboré. Elle a réuni acteurs culturels, artistes, autorités administratives et public autour d’un moment de célébration du génie créatif national. On notait également la présence du ministre en charge de la culture, Gilbert Ouédraogo.
Plusieurs œuvres sont en compétition
L’artiste plasticien sculpteur et président du jury des arts plastiques, Jean-Luc Bambara, a apporté des précisions sur le déroulement de la compétition. Selon lui, trois disciplines majeures sont en lice, à savoir le batik, la peinture et la sculpture. « Nous avons six œuvres en compétition en batik, douze en peinture et dix en sculpture », a-t-il indiqué. Il a précisé que ces œuvres sont issues d’un processus de présélection rigoureux au niveau régional, notamment dans les régions du Kadiogo et du Houet, où les artistes ont été évalués sur la base de critères stricts, avec une note minimale de 13 points requise pour accéder à la phase finale.
Il a également mis en avant la richesse thématique des œuvres exposées, inspirées pour la plupart de scènes de la vie quotidienne. « Les artistes expriment leurs sensibilités à travers des thématiques variées telles que la maternité, la résilience, la douleur ou encore la fragilité », a-t-il souligné. Il s’est par ailleurs réjoui de l’amélioration qualitative des productions, notant une meilleure appropriation des exigences techniques et réglementaires par les candidats. « Le respect du règlement intérieur, notamment en ce qui concerne les dimensions des œuvres, est désormais mieux observé », a-t-il ajouté.
De son côté, le président de la Commission du marché des arts plastiques, Romaric Sanou, a insisté sur les innovations introduites lors de cette édition. Parmi celles-ci figurent des masterclass axés sur la levée de fonds à l’ère du numérique, des rencontres B2B, des tables rondes sur la circulation des œuvres artistiques au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), ainsi que la signature de conventions avec des structures de référence. « Ces initiatives visent à renforcer la professionnalisation du secteur et à offrir de nouvelles perspectives aux acteurs culturels », a-t-il expliqué, tout en réaffirmant l’engagement de la commission à conduire ses activités avec rigueur et professionnalisme.

Le marché des arts donne à la SNC une dimension économique
Dans son message lu par le ministre de la famille et de la solidarité, le parrain de la cérémonie a salué le rôle stratégique de la SNC dans la valorisation du patrimoine culturel national. Il a rappelé que cette biennale constitue un véritable creuset d’expression artistique, mais aussi un levier de développement économique. « Le marché des arts donne à la SNC une dimension économique en favorisant les échanges entre créateurs, producteurs et diffuseurs, et en positionnant la culture comme un secteur porteur de croissance », a-t-il affirmé.
Le parrain a également mis en exergue les efforts entrepris pour adapter le secteur culturel aux réalités contemporaines, notamment à travers des formations sur le streaming et les plateformes numériques. Il a salué l’organisation de masterclass animées par des figures reconnues qui offrent aux jeunes artistes des opportunités d’apprentissage et d’inspiration. De même, il a relevé l’importance des formations en professionnalisation assurées par les structures techniques du ministère en charge de la culture, ainsi que les réflexions engagées sur la circulation des œuvres dans l’espace AES.
Dans un contexte marqué par des défis économiques et sociaux, le message du parrain a rendu hommage à l’engagement des acteurs culturels, présentés comme des piliers de cohésion sociale et de rayonnement international. Il a exprimé le vœu que cette édition du marché des arts soit un cadre fécond de rencontres, de partenariats et d’opportunités concrètes pour l’ensemble des participants. Entre valorisation artistique et ambition économique, le marché des arts s’impose progressivement comme un outil stratégique au service du développement culturel et de l’émergence des talents nationaux.
Romuald Dofini
Lefaso.net
Source: LeFaso.net




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