
Le Tribunal administratif de Ouagadougou ordonnait, le 13 février 2026, la suspension de l’exécution des communiqués relatifs à la liste des candidats admis aux concours directs sans formation en communication et journalisme. C’est du moins ce qu’on lit de l’ordonnance dont nous avons obtenu copie le mercredi 18 février 2026. Saisie par des candidats radiés malgré leur admissibilité, la juridiction a également condamné l’État burkinabè aux dépens, relançant ainsi le débat sur la reconnaissance des diplômes équivalents.
L’affaire, après cette première décision, ne s’est pas arrêtée là. Représenté par l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), il a interjeté appel de la décision du juge, au niveau de la Cour administrative d’appel de Ouagadougou. Dans l’extrait de l’ordonnance établie le 27 avril 2026 et rendue par cette dernière (dont nous avons obtenu copie), la Cour a, dans la forme, déclarée recevable la requête aux fins d’appel de l’Etat burkinabè.
« Au fond : la rejetons comme étant mal fondée ; confirmons en conséquence l’ordonnance attaquée ; déclarons partiellement fondée la demande de frais irrépétibles des intimés ; condannons l’Etat burkinabè à leur payer la somme de sept cent cinquante mille (750 000) FCFA à ttre de frais exposés et non compris dans les dépens ; mettons les dépens à la charge de l’Etat burkinabè », lit-on de l’ordonnance.
Rappelons que la décision concerne le recrutement de 40 assistants en journalisme, 10 assistants en communication et 20 techniciens supérieurs des Sciences de l’information et de la communication (SIC). Ces concours avaient été organisés au titre de l’année 2025. Les résultats définitifs publiés avaient suscité de vives contestations de la part de plusieurs candidats déclarés admissibles.
Rappelons aussi que dans son ordonnance rendue le 13 février 2026, le Tribunal administratif condamnait l’État burkinabè à verser la somme de cinq cent mille francs CFA au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Rappelons que cette décision marque un tournant dans ce contentieux administratif sensible. A la publication de la liste définitive, certains candidats précédemment déclarés admissibles n’y figuraient plus.
Pour comprendre leur radiation, ces derniers avaient sollicité une audience auprès du ministre des serviteurs du peuple, ex-ministre de la fonction publique. Selon eux, l’absence d’un diplôme de l’Intitut supérieur des technologies de l’iformation et de la communication (ISTIC) aurait motivé leur exclusion. Les candidats affirment pourtant que les communiqués d’ouverture exigeaient un Bac+2 de l’ISTIC ou un diplôme reconnu équivalent.
Ils disent s’être renseignés auprès de leurs établissements et du ministère en charge de la communication. Les diplômes de l’Institut panafricain d’études et de recherche sur les médias, l’information et la communication (IPERMIC), de l’Institut polytechnique Shalom (IPS) et d’autres écoles reconnues, auraient été jugés équivalents. S’estimant lésés, ils ont saisi la justice.
Ils rappellent à cet effet que leur admissibilité prouve leur compétence et que les épreuves portaient sur leur domaine. Selon eux, la mention d’équivalence n’aurait pas dû figurer, si seuls les diplômés de l’ISTIC étaient concernés par ces concours. En obtenant gain de cause une seconde fois, auprès des juridictions compétentes, les candidats espérent son application effective, au nom du mérite.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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