« Hôpital public : quelles réformes pour des soins de qualité dans le contexte de l’assurance maladie universelle », c’est sous ce thème que se tiennent les états généraux des hôpitaux publics du Burkina Faso. Organisées par le Ministère de la santé, ces assisses visent à améliorer la performance des hôpitaux à travers des soins de qualité, dans le contexte de l’assurance maladie universelle. C’est le chef de l’Etat, Roch Kaboré, qui a procédé au lancement des travaux de ces rencontres qui se déroulent du 15 au 18 décembre 2016 à Ouagadougou.

Faire le diagnostic des problèmes qui entravent le bon fonctionnement des hôpitaux et établir une feuille de route pour la mise en œuvre de solutions durables dans le secteur de la santé, tels sont les objectifs que se fixent ces états généraux.

En effet, en dépit des profondes réformes qu’a connues le système de santé (la déconcentration basée sur le système de santé de district, l’érection des hôpitaux en établissement public de santé (EPS), l’adoption de la loi hospitalière etc.), des insuffisances sont constatées sur le terrain. A ce titre, des insuffisances communes aux hôpitaux, y compris les CMA ou hôpitaux de districts, l’on a décelé entre autres : une insuffisance de régulation des urgences, du plateau technique, une insuffisance dans la mise en œuvre de l’hygiène hospitalière, une insuffisance d’ allocations des ressources financières des hôpitaux, un personnel hospitalier peu motivé et non satisfait de son statut (pas de fonction publique hospitalière spécifique), un enregistrement des plaintes de plus en plus croissantes des malades.


D’où la tenue de ces assises, qui selon le ministre de la santé Smaïla Ouédraogo, permettront d’améliorer les conditions de vie et de travail dans le secteur de la santé. « Il faut trouver des solutions pour amoindrir un tant soit peu les souffrances et les difficultés des uns et des autres » a-t-il signifié, précisant que les syndicats sont conviés à prendre part aux différentes réflexions. « Si les gens vont en grève, c’est que quelque part, il y a des souhaits, des attentes, des questions qui ne sont pas couverts » a-t-il renchéri.

Par ailleurs, le ministre a souligné que des réflexions seront menées sur un problème crucial, le conflit entre les secteurs public et privé, notamment la disponibilité des agents de santé du secteur public. « Certains agents du public sont plus absorbés dans les privés et souvent, ils oublient qu’ils sont du public. Une réflexion doit être menée afin que ces agents puissent remplir leur contrat vis-à-vis du service public sans pour autant causer un préjudice au secteur privé qui est également un maillon fort de notre système de santé » a- t-il indiqué.


Représentés par André Young, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, les partenaires techniques et financiers ont signifié leur engagement et leur disponibilité à appuyer le Burkina Faso dans sa quête de prestations de qualité dans le secteur de la santé. C’est le cas de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui après avoir accompagné le Burkina dans le processus de diagnostic et de proposition d’axes de reformes dans le cadre des présents états généraux des hôpitaux, a de nouveau exprimé son appui. « L’OMS se tient toujours aux côtés du gouvernement Burkinabè (…) dans la construction d’un système de santé équitable, résilient et offrant des soins de qualité partout et pour tous » a noté Dr Fousséni Dao, représentant de l’OMS.


Le président du Faso, Roch Kaboré, par ailleurs patron des présentes journées, a invité les différents acteurs à proposer des solutions pratiques et durables pour l’amélioration du secteur de la santé. « Je voudrais vous rassurer que les recommandations sont attendues et qu’elles seront examinées avec la plus grande attention par le gouvernement » a-t-il précisé.

Nicole Ouédraogo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net