L’interrogatoire du général Gilbert Diendéré qui est à son douzième (12e) jour se poursuit, ce lundi 17 décembre 2018. La provenance des 160 millions de francs CFA distribués à certains éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) fait toujours objet des échanges.

Ce matin à la barre, le général Gilbert Diendéré a fait savoir qu’il n’aimerait plus présenter des pièces justificatives au sujet des 160 millions qu’il a distribué à certains éléments du RSP. Il a estimé que le parquet militaire et certains avocats de la partie civile ont déjà une idée arrêté sur la provenance de cette somme donc il a jugé inutile de fournir d’autres informations.

Me Guy Hervé Kam de la partie civile a pris la parole pour livrer certaines informations. Pour Me Kam, le général Diendéré a parfaitement raison de choisir ses centres d’intérêts au cours de ce procès. Si cette affaire des 160 millions ne l’arrange pas, il y a va de soi que l’accusé décide de ne pas aller en profondeur.

Cette prise de position de l’accusé a permis à la partie civile de faire ses observations. D’après les recherches de Me Guy Hervé Kam, l’entreprise dont l’accusé a aidé ses proches à contracter le prêt bancaire pour ses affaires est SEKAI Tech SARL.

Dans cette entreprise, 70% des actions sont détenues par Serge Ismaël Diendéré, le fils de l’accusé et une partie des actions est au compte de Fatoumatou Thérèse Diawara, la compagne de Serge Ismaël Diendéré. Selon Me Kam, ce sont eux les proches de Gilbert Diendéré dont il s’agit dans cette affaire de 160 millions.

Me Kam a noté deux incohérences dans cette affaire. Le premier. Lors de l’audition de Fatoumatou Thérèse Diawara, elle a fait savoir qu’elle a demandé de l’argent au général Djibrill Bassolet pour venir en aide à certains éléments du RSP qui lui ont soumis des doléances. Elle a confié qu’elle remis 25 000 francs à chaque élément.

Après un calcul rapide de Me Kam, 160 millions divisés par 1300 éléments du RSP, donne un résultat de plus de 123 000 par élément. Or, il ne s’agissait pas des 1300 éléments du RSP ; ce n’est qu’une partie des éléments.

Deuxième cas. Comment une entreprise qui devait déjà à la banque avant le putsch de 2015 va prêter 160 millions de francs après le coup de force, s’est interrogé Me Kam. Des deux cas, Me Kam a souligné que le général Diendéré et Fatoumatou Diawara seront confrontés à la barre, puisque Diawara est aussi dans le box des accusés.

Toujours du côté de la partie civile, Me Séraphin Somé a pris la parole pour ses observations. Selon lui, plusieurs versions au sujet de la provenance des 160 millions de francs ont été versées au cours de ce procès. Premièrement, l’accusé a dit que c’était un prêt bancaire.

Ensuite, il a fait savoir qu’il a aidé des proches à avoir un prêt dont il a mis sa maison sous caution. Enfin, le général Diendéré a fait savoir qu’il a aidé des proches à avoir un prêt et les affaires ont été fructueuses ; il est arrivé un moment où ses proches lui ont dépanné avec cette somme.

« Nous concluons que cet argent représente une infirme partie de l’argent qui est venu de la Côte d’Ivoire », a noté Me Séraphin Somé. Pour lui, l’origine de cet argent est claire, il est venu de la Côte d’Ivoire en même temps que les matériels de maintien d’ordre. Ainsi, Me Somé a demandé au tribunal de considérer que les 160 millions viennent de la Côte d’Ivoire.

Pour le parquet militaire, c’est dommage que le général Diendéré n’entend plus revenir sur ce dossier. Au cours des échanges du vendredi dernier, accusé a fait savoir qu’il existait des documents qui attestaient sa version des faits. Il était possible de prendre attache avec la banque en question pour avoir les informations dont le tribunal en avaient besoin.

Il faut rappeler que d’après les enquêtes, un général ivoirien aurait donné 160 millions de francs CFA durant le coup d’État de septembre 2015.

Cryspin Masneang Laoundiki

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