La Fondation internationale Babou Paulin Bamouni a été officiellement lancée ce lundi 11 mai 2026 au Centre national de presse Norbert-Zongo à Ouagadougou. Portée par Céline Bagnipia Bamouni, fille du journaliste assassiné le 15 octobre 1987 aux côtés du capitaine Thomas Sankara, cette initiative entend préserver la mémoire de l’homme de médias et promouvoir un journalisme d’excellence en Afrique.

Lorsque son père tombait le 15 octobre 1987 avec le père de la Révolution burkinabè et onze autres compagnons, Céline Bagnipia Bamouni n’avait que onze ans. Malgré le peu de temps passé à ses côtés, les témoignages de ses amis, de ses collègues ainsi que les archives lui ont permis de mieux découvrir la personnalité que son père incarnait.

En portant cette fondation sur les fonts baptismaux, Céline Bagnipia Bamouni entend rendre hommage à son père tout en perpétuant sa mémoire. Cette fondation, confie-t-elle, vise à promouvoir un journalisme d’excellence, la culture et la justice en Afrique. Elle s’engage également à favoriser l’accès à une formation rigoureuse en journalisme, en soutenant les étudiants et les enseignants qui se distinguent par leur engagement « exceptionnel » dans ce domaine. « Même s’il demeure toujours dans nos cœurs, nous aimerions que l’excellent journaliste qu’il a été reste également dans la mémoire collective et soit davantage connu des jeunes générations », a-t-elle expliqué.

La présidente de la Fondation internationale Babou Paulin Bamouni, Céline Bagnipia Bamouni, a salué l’accompagnement et la disponibilité des acteurs dans ce projet

La fondation ambitionne concrètement d’accompagner les jeunes étudiants en journalisme, les professionnels des médias ainsi que tous ceux qui aspirent à exercer ce métier de l’information. Pour ce faire, plusieurs actions sont envisagées, notamment l’octroi de bourses d’études, la création d’une école de journalisme, la mise en place d’une bibliothèque des sciences de l’information et de la communication, ainsi que la création d’une maison d’édition.

L’idée de ce projet est née il y a dix ans environ, selon son promoteur. « Ce projet est le fruit d’une longue réflexion menée depuis une dizaine d’années. Depuis près de deux ans, nous travaillons à sa concrétisation. La cible, ce sont les jeunes étudiants et les professionnels qui souhaitent se perfectionner en journalisme et qui méritent d’être accompagnés », a indiqué Céline Bagnipia Bamouni. Toutes ces actions visent, selon elle, à susciter des vocations dans un métier qu’elle estime « quasiment en voie de perdition ».

Cette activité a connu une grande mobilisation

Pluie d’hommages à Paulin Bamouni

À l’occasion de cette cérémonie, d’anciens journalistes, contemporains et collaborateurs de Babou Paulin Bamouni lui ont rendu hommage à travers plusieurs témoignages. Pour certains, il était un journaliste maîtrisant parfaitement l’art de la rédaction et la rigueur journalistique. Pour d’autres, il demeurait un « révolutionnaire convaincu », un journaliste engagé, mais aussi un homme « affable ».

Luc Adolphe Tiao, ancien collègue de Paulin Bamouni, garde un excellent souvenir de lui. Selon lui, Babou Paulin Bamouni s’est illustré par son aisance rédactionnelle et sa rigueur journalistique. Il était également un homme de conviction et un véritable panafricaniste, a souligné l’ancien Premier ministre burkinabè, qui a côtoyé Paulin Bamouni depuis 1980.

Les anciens collègues ont salué le professionnalisme de Paulin Bamouni

Hubert Bazié, l’un des contemporains de Paulin Bamouni, conserve lui aussi un souvenir marquant de son ancien compagnon. « Il a eu un parcours exceptionnel. C’était un combattant, quelqu’un de convaincu, de transparent et de sincère. Il ressemble à Norbert Zongo dans sa trajectoire d’engagement et de conviction sans compromis. Il mérite d’être cité parmi les grandes figures du journalisme burkinabè », a-t-il déclaré.

Béatrice Damiba, Fidèle Toé et Serge Théophile Balima, Basile Guissou… qui ont également côtoyé le disparu avant 1987, ont unanimement salué le professionnalisme de leur ancien collègue. Ils ont aussi félicité et encouragé la fille du défunt pour ce travail de mémoire.

Pour Hubert Bazié, Paulin Bamouni a eu la même trajectoire de combat que Norbert Zongo.

Les actions annoncées

Le site web de la fondation, paulinbamouni.org, a été dévoilé à cette occasion. Une mini-exposition d’objets personnels de Babou Paulin Bamouni a également été organisée.

Dans les jours à venir, plusieurs activités sont prévues, notamment le baptême de l’avenue Babou Paulin Bamouni dans l’arrondissement nᵒ 5 de Ouagadougou, un webinaire sur les défis du journalisme en Afrique ainsi qu’une remise du prix spécial Babou Paulin Bamouni lors de la cérémonie des Galian, prévue le 19 juin 2026.

Dr Cyriaque Paré, sans être un contemporain du défunt, a félicité la fille pour le lancement de cette activité

Pour rappel, Babou Paulin Bamouni a été assassiné le 15 octobre 1987, en même temps que Thomas Sankara et onze autres compagnons du capitaine. À travers cette fondation, sa fille entend rendre hommage à son père et préserver durablement son héritage journalistique et intellectuel.

Serge Ika Ki

Photos : Bonaventure Paré

Lefaso.net

Source: LeFaso.net