Décédé le 20 mai 2026 à Ouagadougou des suites d’un accident de la circulation, Pata Pata Dj, de son vrai nom Karl Patrick Rabé, a été conduit à sa dernière demeure ce samedi 30 mai 2026 au cimetière municipal de Gounghin.

La levée du corps est intervenue à 9h à la morgue du Centre hospitalier universitaire de Bogodogo. Parents, amis, proches, acteurs du monde culturel et fans se sont ensuite retrouvés au cimetière de Gounghin pour lui rendre un ultime hommage.

L’émotion était vive au sein de l’assistance. Tous gardent le souvenir d’un homme généreux, humble, conciliant et profondément attaché au Burkina Faso, son pays d’adoption.

L’ex-membre du groupe Les AS DJ laisse derrière lui une épouse et deux enfants.

Originaire de la Côte d’Ivoire, Pata Pata Dj avait fait du Burkina Faso sa terre de cœur. Un choix qu’il avait concrétisé en obtenant la nationalité burkinabè. Pour sa famille, son inhumation à Ouagadougou témoigne de cet attachement indéfectible au pays des Hommes intègres.

« Il a choisi la terre d’ici comme sa terre. Il a pris la nationalité burkinabè. Il n’y a pas longtemps, je lui ai demandé sa carte d’identité pour une opération administrative et il m’a présenté une carte d’identité burkinabè. Il m’a dit : « Je suis Burkinabè. » Il a fait son choix et nous avons respecté son choix. C’est pour cela qu’il a été enterré ici. Nous remercions tous ceux qui sont venus lui rendre hommage et tous les Burkinabè pour leur soutien. Qu’il repose en paix chez vous », a confié Adèle Rabé, grande sœur du disparu.

Si sa voix s’est tue, son œuvre continue de résonner auprès de ses admirateurs. Pour plusieurs acteurs du monde culturel, le devoir de mémoire commence désormais.

Adèle Rabé

« Nous gardons le souvenir d’un artiste accompli qui laisse à la mémoire collective des œuvres que nous continuerons d’écouter et de faire connaître. Comme le dit la célèbre citation : un artiste ne meurt jamais. Ses œuvres demeurent en nous et il nous appartient de faire en sorte que cette mémoire intègre le patrimoine culturel au profit des nouvelles générations », a déclaré Clovis Fidèle Ouédraogo, entrepreneur culturel.

Pour ses proches, Pata Pata Dj incarnait également l’intégration réussie entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso.

Clovis Fidèle Ouédraogo

« Pata Pata était quelqu’un qui symbolisait véritablement l’intégration entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Il est venu de la Côte d’Ivoire et s’est tellement bien intégré au Burkina Faso qu’on n’avait plus l’impression qu’il existait des barrières entre les deux pays », a témoigné Raïssa Compaoré, amie du défunt.

Parmi les personnalités présentes figuraient notamment Me Prosper Farama ainsi que plusieurs figures du showbiz burkinabè, dont Mascotte (Joseph Tapsoba), Smockey et de nombreux autres artistes.

Raïssa Compaoré

Surnommé le « Chef du village Molokaï », Pata Pata Dj allait célébrer son 44ᵉ anniversaire au mois de juin.

Formé au milieu des années 2000, le groupe Les AS DJ a été l’un des principaux ambassadeurs du mouvement coupé-décalé au Burkina Faso. Pata Pata Dj en était l’un des piliers. Avec ses compagnons, il a contribué à populariser plusieurs titres devenus des classiques, notamment « Tango-Tango », « Bonne Année » et « DJ Hahoko ». L’artiste était également connu pour sa création « Bakala », qui a marqué de nombreux mélomanes.



Lawako Oumou Dalilha Ky (stagiaire)

Lefaso.net

Source: LeFaso.net