Dans le cadre de la célébration en différé de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail (JMSST) et de la Journée africaine de prévention des risques professionnels (JAPRP), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a organisé, le vendredi 29 mai 2026 à Loumbila, dans la région d’Oubri, une session de formation au profit des professionnels des médias sur la sécurité et la santé au travail. Cette initiative vise à renforcer leur rôle dans la transmission efficace de l’information auprès des partenaires sociaux, dans la dynamique de promotion de la sécurité et de la santé au travail.

La sécurité et la santé au travail, à l’instar d’autres disciplines, se déploient à travers une large diffusion de l’information et une communication responsable. Dans ce contexte, les professionnels des médias jouent un rôle crucial dans la vulgarisation de la Sécurité et de la santé au travail (SST), en transformant des informations techniques complexes en messages accessibles aux travailleurs et aux employeurs. À travers les médias traditionnels, les réseaux sociaux et les podcasts, ils diffusent les bonnes pratiques, informent sur les risques et les droits, et favorisent une culture de prévention.

Toutefois, cette mission ne peut être pleinement accomplie que si les acteurs des médias sont eux-mêmes suffisamment outillés sur les questions de sécurité et de santé au travail. C’est dans cette optique que la Direction de la prévention et de l’action sanitaire et sociale (DPASS) de la CNSS a organisé cette session, afin de permettre aux acteurs des médias d’être à la fois des acteurs éclairés de leur propre sécurité et santé au travail, et des relais efficaces d’information auprès des partenaires sociaux.

Cette formation a permis de renforcer les connaissances des professionnels des médias, afin qu’ils deviennent de meilleurs relais des informations relatives à la sécurité et à la santé au travail.

Trois thèmes au menu de la formation

Dans sa communication sur le thème « Enjeux et acteurs de la prévention des risques professionnels : rôle de la CNSS », le directeur de la prévention, de l’action sanitaire et sociale de la CNSS, François d’Assise Sawadogo, a rappelé que si le travail est un facteur d’épanouissement, il demeure également une source de risques parfois mortels pour les travailleurs. S’appuyant sur les statistiques du Bureau international du travail (BIT), il a indiqué qu’en moyenne 6 000 personnes meurent chaque jour dans le monde des suites d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle. Au Burkina Faso, la situation reste préoccupante. Selon les données de la CNSS, 7 661 accidents du travail et maladies professionnelles ont été enregistrés entre 2020 et 2025, dont 78 décès.

Le communicateur a souligné que la prévention des risques professionnels constitue un enjeu humain, social, technique, économique et juridique majeur. Elle vise notamment à préserver la vie et la santé des travailleurs, à améliorer les conditions de travail, à réduire les coûts liés aux accidents et à garantir la conformité des entreprises aux exigences légales.

François d’Assise Sawadogo a invité les professionnels des médias à jouer pleinement leur rôle de relais de sensibilisation afin que la sécurité et la santé au travail deviennent une réalité pour tous au Burkina Faso.

François d’Assise Sawadogo a également présenté les différents acteurs impliqués dans la prévention des risques professionnels, aussi bien au sein des entreprises qu’à l’extérieur, avant de mettre en lumière le rôle de la CNSS. À travers la Direction de la prévention, de l’action sanitaire et sociale, l’institution mène des actions de contrôle, de sensibilisation, de formation, d’accompagnement des entreprises, de collecte de données statistiques et de promotion de la recherche en santé et sécurité au travail.

Il a conclu en rappelant que la prévention des risques professionnels demeure le meilleur investissement pour les entreprises et un levier essentiel du développement durable, estimant qu’il ne peut y avoir de développement sans sécurité et santé au travail.

À la suite de cette première communication, les professionnels des médias ont renforcé leurs connaissances sur le thème « Cadre juridique et réglementaire de la sécurité et de la santé au travail », présenté par Boukary Compaoré, chef de section contrôle et animation au sein du Service de la prévention des risques professionnels et de la promotion de l’emploi (SPRPE) de la Direction de la prévention, de l’action sanitaire et sociale (DPASS) de la CNSS.

Les professionnels des médias ont formulé plusieurs recommandations en vue de renforcer la collaboration entre la CNSS et les organes de presse.

L’objectif de cette communication était de permettre aux participants de mieux connaître les textes qui encadrent la sécurité et la santé au travail au Burkina Faso, ainsi que les droits et obligations des différentes parties prenantes.

Le communicateur a rappelé que la sécurité et la santé au travail constituent des droits fondamentaux garantis par la Constitution burkinabè. Il a souligné que le Burkina Faso, en tant que membre de l’OIT, a ratifié plusieurs conventions internationales relatives à la sécurité et à la santé au travail et les a intégrées dans sa législation nationale.

Boukary Compaoré a passé en revue les principaux textes législatifs et réglementaires en vigueur, notamment le Code du travail, la loi portant régime de sécurité sociale applicable aux travailleurs salariés et assimilés, le Code de l’environnement ainsi que plusieurs décrets et arrêtés relatifs à l’hygiène, à la sécurité, aux visites médicales obligatoires et à la prévention des risques professionnels.

Boukary Compaoré a rappelé que la CNSS veille au respect de la législation sociale et traque les employeurs qui ne déclarent pas leurs travailleurs.

Il a particulièrement insisté sur l’obligation faite à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Il a également mis en lumière les dispositions relatives à la lutte contre le harcèlement sexuel en milieu professionnel, rappelant que cette infraction est passible de sanctions pénales.

La communication a également permis de rappeler l’obligation de procéder à des visites médicales périodiques, à la vérification régulière des équipements de travail et à la mise en place des Comités de sécurité et santé au travail (CSST) dans les entreprises.

En conclusion, Boukary Compaoré a souligné que le respect des prescriptions légales et réglementaires en matière de sécurité et de santé au travail contribue non seulement à la protection des travailleurs, mais aussi à l’amélioration de la productivité et de la performance des entreprises.

La dernière communication de l’atelier a été animée par la cheffe du service prévention des risques professionnels à la CNSS, Françoise Ouédraogo, autour du thème « Facteurs de risques sur les lieux de travail et outils de gestion ».

Dans son exposé, elle a mis en lumière les différents facteurs de risques auxquels les travailleurs sont exposés dans l’exercice de leurs fonctions. Ces risques peuvent être d’ordre physique, chimique, biologique, ergonomique ou encore psychosocial et sont susceptibles d’avoir des conséquences importantes sur la santé, la sécurité et la productivité des travailleurs.

La communicatrice a souligné que l’identification précoce des dangers présents dans l’environnement professionnel constitue une étape essentielle dans la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles. Elle a également insisté sur la nécessité pour les entreprises de mettre en place des mécanismes efficaces de gestion des risques afin de garantir des conditions de travail sûres et saines.

Françoise Ouédraogo a par ailleurs présenté plusieurs outils de gestion des risques professionnels, notamment l’évaluation des risques, les mesures de prévention collective et individuelle, la sensibilisation des travailleurs, les formations régulières ainsi que le suivi des incidents et accidents en milieu de travail.

Selon elle, la maîtrise des facteurs de risques repose sur l’implication de tous les acteurs de l’entreprise, à travers une démarche permanente de prévention et d’amélioration des conditions de travail. La communicatrice a précisé qu’au Burkina Faso, les travailleurs du secteur industriel sont les plus exposés aux accidents de travail.

Françoise Ouédraogo a conclu en rappelant que la sécurité et la santé au travail demeurent une responsabilité partagée entre employeurs, travailleurs et structures de contrôle, dans l’optique de réduire durablement les accidents et maladies liés au travail.

Des journalistes mieux outillés pour sensibiliser les populations

La session a été appréciée par les hommes et les femmes des médias. « Cette formation arrive véritablement à point nommé. La CNSS est une institution dont les missions restent encore méconnues par une grande partie de la population, alors qu’elle joue un rôle essentiel dans la protection sociale des travailleurs. Cette session nous a permis de mieux comprendre la structure, ses domaines d’intervention ainsi que les actions qu’elle mène en matière de prévention des risques professionnels et de sécurité et santé au travail. En tant que professionnel des médias, cette formation nous interpelle également sur notre responsabilité. Les connaissances acquises nous permettront de mieux informer et sensibiliser les populations à travers nos productions journalistiques. Il est important de relayer ces informations auprès du grand public afin de contribuer à une meilleure compréhension des enjeux liés à la sécurité et à la santé au travail, un domaine qui demeure encore insuffisamment connu », a souligné François Yogo, journaliste à Canal 3 Burkina.

Pour rappel, la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail est célébrée chaque année le 28 avril. Portée par l’Organisation internationale du travail, elle rappelle l’importance cruciale de la prévention des risques professionnels.

François Yogo a salué la qualité des différentes communications ainsi que la pertinence des thèmes abordés.

Quant à la Journée africaine de prévention des risques professionnels (JAPRP), elle a été initiée par l’Interafricaine de la prévention des risques professionnels (IAPRP), une organisation africaine spécialisée dans la promotion de la sécurité et de la santé au travail.

Célébrée chaque 30 avril, la JAPRP vise à sensibiliser les travailleurs, les employeurs et les décideurs à l’importance de la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, tout en promouvant une culture de sécurité et de santé au travail en Afrique.

Samirah Bationo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net