L’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC) a organisé, ce mercredi 9 juillet 2026 à Ouagadougou, une séance d’information consacrée aux résultats de l’étude sur l’insertion professionnelle de ses alumni. L’enquête, réalisée sur les inscrits sur titre de 2000 à 2025, révèle que 80 % des personnes interrogées ont réussi leur insertion sur le marché de l’emploi. L’initiative vise également à renforcer les liens avec les anciens diplômés et les partenaires de l’institut.

Former des professionnels compétents ne suffit pas, encore faut-il mesurer leur employabilité et l’impact des formations reçues. C’est dans cette dynamique que l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC) a présenté les résultats de son étude sur l’insertion socio-professionnelle de ses anciens stagiaires inscrits sur titre. La restitution s’est déroulée au cours d’une séance d’information réunissant les partenaires de l’institut, des alumni, des professionnels des médias ainsi que des représentants du monde professionnel.

Ouvrant les travaux, la directrice générale de l’ISTIC, Dr Alizèta Ouoba/Compaoré, a rappelé que l’établissement s’est toujours fixé pour mission de former des professionnels capables de relever les défis du paysage médiatique et communicationnel. Mais, a-t-elle souligné, l’excellence ne peut être atteinte sans une évaluation régulière des résultats de cette formation.

« Les résultats de cette étude constituent une boussole pour améliorer notre offre de formation », Dr Alizèta Ouoba/Compaoré

« Il ne suffit pas seulement de former. Il est de notre devoir de mesurer l’impact, la pertinence et ce que deviennent nos diplômés sur le marché du travail », a-t-elle déclaré.

Selon elle, cette étude, réalisée au cours de l’année 2025, poursuit un double objectif : mettre en lumière l’employabilité des diplômés de l’ISTIC et partager ces données avec les partenaires stratégiques afin de renforcer les opportunités d’insertion professionnelle.

« Les résultats qui vous seront présentés ne sont pas de simples statistiques. Ils constituent pour nous une boussole et un gage de transparence envers nos partenaires », a insisté la directrice générale.

Les résultats présentés montrent que 80 % des anciens stagiaires inscrits sur titre ayant participé à l’enquête sont insérés sur le marché de l’emploi. Un chiffre jugé encourageant par les responsables de l’institut, même s’il laisse apparaître une marge de progression.

Selon l’étude présentée, 80 % des inscrits sur titre ayant participé à l’enquête sont insérés sur le marché de l’emploi.

Dr Alizèta Ouoba/Compaoré a précisé que ce taux concerne uniquement les personnes ayant effectivement répondu à l’enquête, l’étude ayant été réalisée sur un échantillon d’environ 300 anciens stagiaires, en raison de difficultés liées à la disponibilité des bases de données.

« Nous sommes globalement satisfaits parce que l’étude montre que 80 % des enquêtés ont pu s’insérer sur le marché de l’emploi. Mais il y a encore 20 % qui restent et c’est cela qui nous préoccupe », a-t-elle expliqué.

Afin d’améliorer cette situation, l’ISTIC prévoit la création d’un centre d’incubation destiné à accompagner les diplômés qui rencontrent des difficultés d’insertion, notamment à travers l’auto-emploi et l’entrepreneuriat.

Présentant les conclusions techniques de l’étude, Fernand Florian Delwende Ouédraogo, économiste, gestionnaire de projet et chargé des études au cabinet Nazan Consulting, a apporté des précisions sur l’évolution de l’insertion professionnelle selon les différentes promotions.

Il ressort de l’étude que plus de 90 % des diplômés de la période 2000 à 2017 sont insérés professionnellement. Pour les promotions comprises entre 2017 et 2025, le taux s’établit à 83 %, soit une baisse d’environ 12 à 13 %.

Fernand Florian Delwende Ouédraogo, chargé des études à Nazan Consulting, présentant les principales conclusions de l’enquête.

Ces chiffres traduisent, selon les auteurs de l’étude, une insertion globalement satisfaisante des diplômés, tout en mettant en évidence un contexte de plus en plus difficile pour les promotions récentes.

Au-delà des statistiques, la direction de l’ISTIC souhaite faire de cette étude un véritable outil stratégique. L’objectif est notamment de consolider le réseau des anciens stagiaires, de favoriser le mentorat entre générations et de développer davantage les partenariats avec les employeurs.

La directrice générale a invité les alumni à demeurer des ambassadeurs de l’institut et à contribuer à l’accompagnement des jeunes diplômés.

« Vous incarnez l’histoire vivante et le rayonnement de l’ISTIC. Notre ambition est de bâtir un réseau d’alumni dynamique, interactif et engagé, notamment dans le mentorat de vos jeunes frères et sœurs », a-t-elle lancé.

Profitant de cette rencontre, le Dr Alizèta Ouoba/Compaoré a également évoqué les difficultés rencontrées par les diplômés des filières professionnelles de l’ISTIC pour accéder à la fonction publique.

Elle a rappelé que les diplômes professionnels délivrés par l’institut ne permettent pas de prendre part aux concours directs de la fonction publique, ceux-ci étant réservés aux titulaires de diplômes universitaires.

Face à cette situation, la directrice générale a renouvelé son plaidoyer en faveur d’un recrutement spécifique sans formation préalable pour les diplômés déjà qualifiés de l’ISTIC.

Les échanges ont porté sur les résultats de l’étude ainsi que sur les recommandations visant à améliorer l’employabilité des diplômés.

« Ces étudiants sont déjà formés et immédiatement opérationnels. Une ouverture spécifique de la fonction publique permettrait de les recruter directement et de valoriser les compétences acquises au sein de l’institut », a-t-elle plaidé.

À travers cette étude, l’ISTIC entend désormais disposer d’un outil d’aide à la décision pour améliorer continuellement son offre de formation, renforcer sa collaboration avec les employeurs et favoriser une insertion professionnelle plus durable de ses diplômés. L’institut espère également que ces résultats contribueront à susciter davantage d’opportunités de stages, d’emplois et de partenariats au bénéfice des futures promotions.

Anita Mireille Zongo

Wenpoulmdé Wassîla Roamba (stagiaire)

Lefaso.net

Source: LeFaso.net