Du 28 juillet au 11 août 2026, l’Institut de formation du personnel enseignant dans la région d’Oubri, à Loumbila, accueillera la deuxième édition de « San Makaa », une immersion linguistique et culturelle destinée aux enfants samo. L’initiative vise à promouvoir la langue san et à renforcer son apprentissage auprès des jeunes générations. Dans cette interview, Rachelle Zerbo, membre du comité d’organisation de la sous-commission « San Makaa », présente les ambitions et les innovations de cette nouvelle édition.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui va se passer concrètement ?

Rachelle Zerbo : Au cours de cette immersion, les participants apprendront la langue san maaka. Ils seront initiés à l’expression orale, mais aussi à l’écriture en san.

Que peut-on entendre par « San maaka » ?

Le san maaka est une variante de la langue san. Celle-ci est subdivisée en plusieurs dialectes. L’un est parlé dans le Sourou et l’autre dans la zone de Toma.

L’événement se tiendra où et quand ?

L’immersion se déroulera du 28 juillet au 11 août 2026 à Loumbila. Une activité est également prévue à Bobo-Dioulasso le 3 septembre.

Quelles leçons retenez-vous de la première édition ?

Le bilan de la première édition a été très positif. Les organisateurs, les participants ainsi que les parents ont exprimé leur satisfaction. Même si quelques difficultés ont été rencontrées, elles sont inhérentes à l’organisation de tout événement.

Cette année, nous avons décidé de prolonger la durée de l’immersion à deux semaines. Les activités se dérouleront sur 14 jours, le 15ᵉ étant consacré à la cérémonie de clôture.

Quelle est la principale innovation de cette édition ?

Contrairement à la première édition, qui s’était déroulée sur dix jours, cette deuxième édition durera deux semaines, soit 14 jours. C’est la principale innovation. D’autres nouveautés seront dévoilées au moment opportun.

Pendant la première édition, avez-vous eu le sentiment que cette immersion a apporté une plus-value aux apprenants ?

Bien évidemment. Beaucoup d’enfants ne savaient même pas saluer en san avant leur arrivée. À la fin de l’immersion, ils y parvenaient. Ils ont appris l’alphabet, les salutations dans leur langue ainsi que l’hymne national en san. Ce ne sont là que quelques exemples des acquis enregistrés.

Vous avez évoqué quelques difficultés. Lesquelles ?

Nous avons accueilli des apprenants qui ne parlaient pas du tout la langue. Il fallait donc repartir des bases, tandis que d’autres avaient déjà quelques connaissances. Il a fallu trouver une méthode permettant d’harmoniser les apprentissages malgré les différents niveaux. Heureusement, cela n’a pas constitué une difficulté majeure.

Un enfant qui ne comprend ni la langue de sa mère ni celle de son père perd une partie importante de ses repères, Rachelle Zerbo, membre de la sous-commission San Maaka

Quelles seront les activités au programme ?

Plusieurs activités sont prévues. Il y aura des séances d’apprentissage de l’oral et de l’écrit, notamment l’alphabet, mais aussi des activités récréatives telles que la danse, la découverte des instruments de musique san et des chants.

Combien d’enfants attendez-vous pour cette deuxième édition ?

L’année dernière, nous avons accueilli une vingtaine d’enfants. Cette année, nous espérons en recevoir davantage.

Comment participer ?

Il suffit de nous contacter pour inscrire votre enfant. Nous sommes joignables aux numéros 67 20 14 10 et 70 38 18 88.

Quelle tranche d’âge est concernée ?

Nous accueillons les enfants à partir de 8 ans. Les élèves du primaire, du post-primaire, du secondaire ainsi que les étudiants peuvent y prendre part.

Quel appel lancez-vous aux parents ?

Nous lançons un appel à tous nos frères et sœurs samo afin qu’ils comprennent l’importance de cette immersion. Il s’agit d’un véritable retour aux sources. Beaucoup d’enfants portent aujourd’hui des noms dont ils ignorent l’histoire et la signification.

Nous invitons donc les parents à inscrire leurs enfants afin qu’ils découvrent leur langue, leur culture et leurs traditions.

Nous encourageons également tous les locuteurs du san à continuer de parler leur langue. Notre initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de promotion des langues nationales impulsée par le gouvernement.

Pourquoi est-il important, selon vous, de maîtriser sa langue maternelle ?

Un enfant qui ne comprend ni la langue de sa mère ni celle de son père perd une partie importante de ses repères. La langue est un élément fondamental de la culture et constitue un véritable ciment social. Lorsqu’un enfant ne maîtrise pas sa langue maternelle, il perd une partie de son intégration familiale, de sa culture, de ses traditions et de son identité.

Avez-vous un dernier message ?

Je remercie Lefaso.net pour son accompagnement. J’adresse également mes remerciements à tous nos frères et sœurs qui nous soutiennent dans cette initiative, ainsi qu’à tous les parents qui nous ont fait confiance en inscrivant leurs enfants l’année dernière. Nous espérons les retrouver encore plus nombreux cette année.

Interview réalisée par Serge Ika Ki

Lefaso.net

Source: LeFaso.net