
Le ministère de l’Économie et des finances a, en collaboration avec ses partenaires, organisé, ce jeudi 23 juillet 2026 à Ouagadougou, la 6ᵉ édition des 24 heures de débats sur la démographie sous le thème : « Dividende démographique et développement durable au Burkina Faso : comment transformer le potentiel de la jeunesse en un véritable levier pour le développement ? ». L’activité, qui s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de la population 2026, a mobilisé décideurs, chercheurs, partenaires au développement, étudiants, société civile, secteur privé, autour de cette question fondamentale, à savoir comment transformer le potentiel de la jeunesse burkinabè en un modèle de développement durable.
Les débats qui se sont déroulés autour des communications ont donc permis d’explorer les leviers sur lesquels il faut investir afin d’accélérer le développement économique et le développement durable. « Les ressources naturelles, les infrastructures ou les performances macroéconomiques, aussi importantes soient-elles, ne produisent durablement leurs effets que lorsqu’elles s’appuient sur une population éduquée, en bonne santé, qualifiée, innovante et pleinement engagée dans le développement national. C’est dans cette conviction que s’inscrit l’action du gouvernement, sous le leadership de son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, chef de l’État, qui a fait de la souveraineté nationale, de la valorisation des ressources endogènes et du développement du capital humain les fondements de la refondation de notre nation », a présenté le chargé de mission du ministre de l’économie et des finances, Boureima Ouédraogo, qui a présidé l’ouverture de cette journée de réflexions.
Selon le chargé de mission, cette vision est traduite dans le Plan RELANCE 2026-2030 et place l’investissement dans le capital humain parmi les principaux leviers de la transformation structurelle de l’économie nationale. Le plan RELANCE repose, dit-il, sur une conviction forte, à savoir que la souveraineté économique ne peut être durable sans une population capable d’innover, de produire, de transformer les richesses nationales et de porter les ambitions de développement du Burkina.
À en croire le représentant du ministère de l’Économie et des finances, le Burkina Faso dispose d’un « atout stratégique exceptionnel » ; il est l’un des pays les plus jeunes du continent africain, avec des estimations qui indiquent que près de huit Burkinabè sur dix ont moins de 35 ans. Aussi, poursuit-il, six Burkinabè sur dix ont moins de 25 ans.
Pour l’autorité, cette jeunesse constitue un formidable potentiel de créativité, d’innovation, de travail et d’engagement citoyen, elle représente le principal moteur du développement futur.
Cependant, relativise le chargé de mission Boureima Ouédraogo, cette réalité démographique est à la fois une opportunité historique et un défi majeur. « Si cette jeunesse bénéficie d’investissements suffisants dans l’éducation, la santé, la formation professionnelle, l’emploi, l’entrepreneuriat et l’innovation, elle deviendra le socle d’une croissance économique inclusive et durable. À défaut, elle risque d’accentuer les vulnérabilités économiques et sociales », ausculte-t-il, relevant que c’est cela l’enjeu du dividende démographique.
Il explique également que le dividende démographique ne résulte pas automatiquement de la jeunesse d’une population ; il constitue le produit de politiques publiques cohérentes, d’investissements continus et d’une gouvernance efficace à même de transformer le potentiel humain en richesse économique et en progrès social.
Des progrès enregistrés, des défis à relever
« Les expériences réussies de plusieurs pays montrent que la transition démographique ne devient un accélérateur de développement que lorsqu’elle est accompagnée d’investissements massifs dans le capital humain, d’une transformation structurelle de l’économie et de la création d’emplois productifs. C’est cette trajectoire que le Burkina Faso entend poursuivre », déclare M. Ouédraogo, pour qui l’ambition est claire.
Il s’agit, précise-t-il, de faire de la dynamique démographique un véritable moteur de souveraineté économique ; faire de la jeunesse burkinabè un acteur central de l’industrialisation, de la modernisation agricole, de la transformation locale des ressources, de l’innovation technologique et de la consolidation de la paix.
Cette ambition rejoint pleinement, souligne-t-il, les orientations du Plan RELANCE 2026-2030, qui fait de la transformation structurelle de l’économie, de l’industrialisation, du développement des chaînes de valeur nationales, de l’amélioration de la productivité, de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et du renforcement du capital humain des priorités stratégiques.
Pour le chargé de mission, le thème de cette édition est une interpellation collective et interroge sur comment transformer la transition démographique en un véritable levier de croissance économique accélérée ; faire de chaque jeune Burkinabè un acteur de création de richesse, d’innovation et de cohésion sociale et sur comment mieux articuler les politiques de population, les politiques sectorielles et les stratégies économiques pour accélérer la capture du dividende démographique.
« Ces interrogations sont au cœur des politiques publiques mises en œuvre par le gouvernement. Elles appellent à une mobilisation de tous les acteurs : État, collectivités territoriales, secteur privé, universités, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, mais surtout des jeunes eux-mêmes », estime Boureima Ouédraogo, appelant donc à poursuivre les investissements dans une éducation de qualité, renforcer les compétences techniques et professionnelles, améliorer l’adéquation entre formation et besoins du marché du travail, etc.
De la communication inaugurale qui a suivi le discours d’ouverture, on retient que le Burkina Faso a enregistré d’importants progrès, notamment la réduction des différentes mortalités et aussi l’augmentation de l’espérance de vie. Cependant, note-t-on également que des défis restent à relever, notamment la capture du dividende démographique.
O.L.
Lefaso.net
Source: LeFaso.net







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