
À la veille de la 3ᵉ édition de son « Camp d’incubation des jeunes citoyens et patriotes » (26 juillet-2 août 2026), une initiative qui vise la construction holistique de l’être humain et exclusivement réservée aux enfants de six à 18 ans, Lefaso.net a rencontré son promoteur, Grégoire Bado. Théologien, encadreur de jeunes enfants, enseignant à l’Université chrétienne Logos/Floride USA (UCLO) Burkina Faso et à l’Institut missiologique d’Afrique francophone (IMAF), M. Bado est le président de l’association « Rehoboth-Ipéné » qui porte le camp d’incubation. Avec lui, et à travers cet entretien, il s’est agi non seulement de parcourir la vocation de l’organisation, mais également du « Camp d’incubation des jeunes citoyens et patriotes 2026 ». Entretien … !
Lefaso.net : On vous connaît notamment avec l’initiative « Camp d’incubation des jeunes citoyens et patriotes », mais avant d’y arriver, pouvez-vous présenter aux lecteurs l’association « Rehoboth-Ipéné » qui en est promotrice et dont vous êtes le premier responsable ?
Grégoire Bado : Permettez-moi, avant tout, parce que j’y tiens, de dire merci à Faso.net, qui est un média que nous connaissons depuis plus de 20 ans maintenant ; c’est l’un des premiers qui nous ont initiés à la lecture des journaux en ligne. Vous êtes vraiment à féliciter pour le travail que vous abattez à longueur de journée, pour éduquer, informer et instruire les Burkinabè et, au-delà, les citoyens africains.
Merci une fois de plus pour cette opportunité que vous nous donnez de parler de l’association Rehoboth-Ipéné. D’abord, au niveau de l’appellation, « Rehoboth » (en langue hébraïque) se comprend comme le nom d’un des puits creusés par Isaac dans Genèse 26:22, une source d’eau vive qui signifie mise au large ou « larges espaces », et « Ipéné » vient de la langue nationale lyélé, ça signifie “Don de Dieu ou Dieudonné”. « Rehoboth-Ipéné » signifie donc : « L’Éternel nous a maintenant mis au large et nous prospérerons dans le pays, c’est un don de Dieu.
Rehoboth-Ipéné est une association qui a vu le jour en 2016, reconnue par les structures compétentes de l’État. Notre cheval de bataille, c’est l’éducation ; nous pensons qu’il faut transformer la vie des gens, en agissant dès la base. La société que nous voulons demain se prépare aujourd’hui à travers les enfants. L’autre mission que l’association s’est donnée, c’est de venir en aide aux enfants démunis, leur donner espoir de vivre et leur permettre de s’épanouir. De ce fait, l’association Rehoboth-Ipéné travaille vraiment au milieu des enfants, des familles démunies. Toutes nos activités et actions sont destinées aux enfants, à l’orphelin et aussi à la veuve. En un mot, l’association Rehoboth-Ipéné est communautaire.
On vous sait ancré dans le monde de l’Église, peut-on dire que cela est pour quelque chose dans les missions que l’association « Rehoboth-Ipéné » s’est assignées ?
Oui, c’est vrai. Dieu aime l’homme, et il a créé l’homme à son image. Donc, nous sommes partis sur le fait que le plus grand amour, c’est d’aimer son prochain. Comme dit dans la Bible : « aimer son prochain comme soi-même ». C’est en ce sens que nous avons dit que, si nous voulons être utiles, il faut qu’on soit utile pour les autres ; les accompagner, les aider, leur donner de l’espoir, de l’espérance, etc. C’est vrai, mon ancrage dans l’Église m’a beaucoup influencé. Aussi, je suis théologien de formation, j’interviens également dans des universités chrétiennes. Je suis aussi en train de faire une thèse de doctorat sur l’éducation de façon générale, mais axée sur l’éducation chrétienne.
Cela m’a donné envie de faire un parcours et aussi de comprendre que, aussi loin qu’on remonte dans le temps, si les civilisations ont pu tenir, c’est grâce à la formation, au capital humain. Aucune civilisation ne peut tenir si l’être humain n’est pas formé, n’est pas qualifié. Cela m’a forgé la conviction que c’est à nous de préparer la prochaine génération. Les valeurs chrétiennes m’ont certes motivé, mais il y a aussi l’éducation familiale ; parce qu’au Burkina, nos parents, nos traditions nous apprennent à vivre ensemble ; les Burkinabè vivaient ensemble, les religions sont venues trouver qu’on avait cette cohésion sociale. C’est tout cela qui m’a poussé à la mise en place de l’association, avec surtout un accent sur l’aspect compassion, solidarité, etc.
Et parmi vos activités, il y a le « Camp d’incubation des jeunes citoyens et patriotes », à quoi renvoie cette initiative ?
Effectivement, depuis 2024, nous avons initié ce qu’on appelle le « Camp d’incubation des jeunes citoyens et patriotes ». C’est un moment où on regroupe en un seul lieu, pendant une semaine, les enfants pour les enseigner, les éduquer, les sensibiliser sur des valeurs de notre société et sur ce dont ils ont besoin pour se construire socialement. Nous avons été également poussés par la trajectoire prise par le pays avec le camarade capitaine Ibrahim Traoré, en nous posant également la question de savoir quel type de citoyens nous voulons pour notre pays, dans 10, 20, 30, 50 ans, etc. ? Nous nous sommes dit que, si on ne veut pas rater l’avenir, il faut revenir à la base pour créer ce que nous avons appelé un incubateur. C’est de là qu’est née l’idée de faire des camps d’incubation, pour l’éducation à la citoyenneté, au patriotisme, à la paix, au vivre-ensemble, etc. Nous avons donc pu tenir la première édition en 2024 et la deuxième édition en 2025. La troisième édition ouvre réellement ses portes le lundi 27 juillet.
Quel est le contenu de ce camp et qu’en sera-t-il pour l’édition 2026 ?
L’objectif général du camp, c’est de former une génération d’enfants, d’adolescents et de jeunes citoyens responsables, patriotes, engagés pour la paix et le développement du pays. Cette année, le thème autour duquel nous voulons enseigner les enfants a été tiré d’un passage de la Bible et reformulé comme suit : « Recherche le bien de ton pays, prie l’Éternel en sa faveur, car ton bonheur en dépend. » Tout Burkinabè doit rechercher le bien du pays, prier Dieu en faveur du pays, car son bonheur en dépend. On n’a pas deux pays, on a un seul pays et il nous appartient à tous. Par ce thème, nous voulons cultiver en ces enfants l’amour de la patrie, leur apprendre à rêver et penser pour leur patrie. Il y a des sous-thèmes qui seront donc développés. C’est très important, parce que depuis le primaire, l’enseignement qu’on nous a donné tendait à faire croire que le bonheur est ailleurs, en Occident. Si fait que depuis notre enfance, on rêvait tous d’aller aux États-Unis, en Occident, etc.
Tu n’allais jamais voir un enfant dire qu’il rêve de faire ceci ou cela au Burkina. Donc, tout revient à la mentalité et nous pensons que, si on arrive à transformer la mentalité de ces enfants, on aura tout gagné. Si on veut avoir des citoyens qu’on peut orienter, utiles pour notre pays, il faut travailler sur les mentalités. Les autres que nous envions ont procédé ainsi. Si on ne développe pas l’esprit, on aura beau miser de l’argent, ça ne passera pas. Donc, il y aura des sous-thèmes comme « rêver le meilleur pour la patrie », sur l’esprit d’innovation, de créativité. Des scientifiques/mathématiciens viendront partager leurs expériences avec les campeurs, pour stimuler les enfants. Il y aura également des modules sur l’entreprenariat, mais orienté agriculture ; parce que moi-même, j’ai bénéficié en Israël d’une formation sur l’entreprenariat agricole et le développement durable.
On peut s’en sortir dans l’agriculture, si on a été éduqué. C’est nécessaire, parce que depuis l’école primaire, on présentait l’agriculteur comme celui qui a échoué dans la vie. Mais quand je séjournais en 2017 en Israël pour la formation (en entrepreneuriat agricole, genre et développement durable, avec l’Agence israélienne pour la coopération au développement et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), un de nos formateurs nous disait que chez nous en Afrique, les agriculteurs sont perçus comme des ratés, alors que ce sont eux qui tiennent notre vie, ce sont eux qui produisent pour nous nourrir. Ils disent qu’il faut qu’on change de mentalité. Là-bas, les enfants des agriculteurs sont fiers, parce que ce sont eux qui sont considérés, alors que nous ici, l’école française nous a fait croire que l’agriculture, c’est pour celui qui a raté la vie. Il faut changer cette perception, notamment à travers les enfants. Et Dieu merci, aujourd’hui, avec la politique agricole du gouvernement, on peut s’en sortir.
Ce séjour en Israël m’a vraiment amené à me remettre en cause. Au cours de cette édition du camp d’incubation, on aura aussi des enseignements sur l’utilisation des réseaux sociaux ; de nos jours, c’est le monde du numérique, il faut composer avec cette réalité, mais en formant les enfants pour faire en sorte qu’on ait des cybercitoyens responsables. Nous pensons que si les enfants sont encadrés, ils vont utiliser les réseaux sociaux à bon escient. On aura aussi des sensibilisations sur les stupéfiants et la drogue, la sécurité routière avec le comité national de la lutte contre la drogue et l’ONASER (Office national de sécurité routière). Il y aura aussi l’intervention de la Grande Chancellerie des ordres burkinabè, qui va parler des emblèmes, les ordres…, afin que les enfants sachent aussi que s’ils servent loyalement leur pays, il leur sera reconnaissant par des décorations.
C’est donc une manière déjà de stimuler l’esprit d’émulation en eux. La particularité de cette édition 2026, c’est que nous prévoyons aussi de visiter (si les moyens nous le permettent) le Mémorial Thomas Sankara pour apprendre sur l’histoire du Burkina. On prévoit également de passer à Faso Mêbo, pour que les enfants puissent vraiment toucher du doigt, comprendre par exemple qu’une initiative comme Faso Mêbo, c’est pour eux ; si le Burkina est construit, ce sont eux qui vont en bénéficier. Alors, qu’ils comprennent que chacun doit apporter sa pierre à la construction de l’édifice commun. Nous allons aussi les entretenir sur la cohésion sociale, la solidarité, le vivre-ensemble.
Aussi, comme le thème l’indique, nous ne manquerons pas de prier pour notre nation, pour qu’il y ait la paix, la sécurité, une bonne pluviométrie, pour la protection des familles. À l’image du chef de l’État qui confiait la fois dernière qu’il n’arrive pas à fermer l’œil, si un seul enfant sur le territoire n’arrive pas à manger, il faut que nous ayons tous de la compassion pour ceux qui vivent des difficultés, qu’on pense à ces enfants, ces hommes et ces femmes qui souffrent dans certaines localités. Qu’on comprenne et qu’on partage la souffrance des autres, qu’on pense à eux. Comme le dit un de nos grands-frères, que je partage entièrement et que je reprends à mon compte : « Si ta vie n’a pas été utile pour les autres, sache qu’elle n’a pas été utile pour toi. » Nous voulons être utiles les uns aux autres, et faire en sorte que les enfants intègrent les valeurs.
Y a-t-il de la place pour des activités culturelles et de loisirs, quand on sait que cela pourrait être important pour des enfants de leurs âges ?
Exactement, nous aurons le sport, des activités culturelles. Tous les soirs seront réservés à ces activités. On a même, à ce sujet, initié ce qu’on appelle le « feu du camp », où ce sont eux-mêmes qui font leurs conceptions, leurs prestations, comme ils les entendent, ils créent, on leur laisse entièrement le choix. Mais ce sont des créativités qui restent collées à l’esprit du thème de l’édition. Souvent, pour créer l’émulation, on met en place un jury pour récompenser les meilleurs. Les éditions passées ont montré le niveau de créativité des enfants, à travers les poèmes, sketchs, slams, ballets, etc. Ils apprennent vraiment, ils créent en se détendant.
Hormis ces camps d’incubation…, y a-t-il d’autres initiatives de telle envergure et vocation ?
Nous avons les journées de solidarité que nous organisons. Nous les avons tenues dans des localités du pays, à l’image du village de Koukouldi (dans la région du Nando), où nous avons réuni les enfants autour d’un repas commun, on leur a distribué également ce qu’on avait comme cadeaux. En 2024 par exemple, nous étions à Kaya (région des Koulsé), pour ce que nous avons appelé un « arbre de solidarité » auprès des déplacées internes. On a regroupé près de 800 enfants dans la ville de Kaya.
Au niveau de l’éducation scolaire, nous avons également un volet dédié à l’accompagnement, au suivi des enfants. Et depuis l’année passée, l’État-major des armées nous a autorisés à prendre en compte les orphelins de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) ainsi que de nos Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). L’année scolaire écoulée, nous avons élaboré un plan d’action pour aller dans toutes les écoles où étaient inscrits ces enfants, pour non seulement voir leur rendement scolaire, mais surtout pour répondre aux éventuels besoins. Nous avons pu faire ce qu’on pouvait, mais on aurait souhaité faire mieux, parce que les moyens nous ont manqué à un moment donné. C’est du bénévolat que nous faisons, nous allons toujours poursuivre et surtout essayer de faire mieux, pour donner du sourire à tous ces enfants.
Je signale ici également que tous ceux qui ont participé aux éditions sont dans des groupes WhatsApp animés par les organisateurs, pour permettre aux enfants de rester en contact, de partager des informations sur l’école, de partager des conseils, etc. Cela nous permet également de suivre leur cursus scolaire, surtout ceux qui sont en classe d’examen. Ça, c’est pour ceux qui ont des téléphones ; pour les plus petits, on les laisse et on se dit que lorsqu’ils vont grandir, ils pourront rejoindre les groupes. Cette année également, nous comptons, après le camp, en décembre si tout va bien, organiser un arbre de solidarité. L’an passé, on l’a fait dans la cour de CVK/LVD, ça a regroupé tous les campeurs des éditions et d’autres enfants ; on a communié ensemble, on a partagé un repas, les enfants se sont amusés et c’était formidable. Nous allons rebeloter cette année, s’il plaît à Dieu.
On peut dire que l’humain est vraiment au centre de vos actions…, commentaire ?
Effectivement, parce que tout part de là et y converge. Aucune société ne s’est développée sans l’éducation, donc le capital humain. Et comme on le dit, un État ne doit pas prendre son éducation pour la confier à l’extérieur. Pour cela, j’en veux à nos États africains, pour avoir pris l’éducation des enfants pour la confier à l’extérieur, qui a donc imposé son programme. La famille aussi a confié les enfants aux enseignants, alors que tout part de la cellule familiale, c’est à elle d’inculquer les valeurs aux enfants et l’enseignant apporte l’instruction. Malheureusement, on a, à un moment donné, tout laissé à l’école. Heureusement que les autorités actuelles ont pris la mesure de la situation, avec notamment le programme « une éducation de qualité pour tous », des réformes, etc. On n’a pas le choix, il faut prendre en considération ces aspects, sinon on ne s’en sortira pas.
Quand vous observez, la civilisation occidentale que nous essayons d’épouser est en crise, alors que nous avons nos propres valeurs. Aujourd’hui, nous ne sommes nulle part ; on n’est pas nous, on n’est pas non plus eux, on flotte au milieu. Donc, il faut revenir à nos fondamentaux, à nos valeurs. Nos valeurs nous permettent de bâtir des hommes, des citoyens qui aiment leur patrie, qui peuvent apporter leur pierre à la construction de leur patrie. Ensuite, il faut qu’on s’aime entre nous, êtres humains.
Aimer Dieu, c’est aimer son prochain. Si, moi, je n’aime pas l’homme qui est en face, je ne peux pas prétendre aimer Dieu, que je ne vois pas, ça ne sied pas. Je dois vous aimer, ce que je dois vous apporter, je vous l’apporte, en fonction de mes possibilités. C’est en ce sens que Dieu verra que nous sommes tous sa créature. Donc, l’Afrique, ce sont des valeurs, et nous devons prendre vraiment à cœur l’éducation de nos enfants. L’éducation étant un outil de changement et un droit humain fondamental pour tous, notre association veut donner le sourire aux enfants, en leur permettant d’accéder à cette éducation.
Où et quand se tient l’édition 2026 du camp d’incubation et quelles sont les conditions de participation ?
Nous recevons les enfants le 26 juillet 2026, à partir de 14 h 30 ; le lieu de rassemblement, c’est dans la cour de CVK/LVD (côté sud-ouest de l’échangeur de Ouaga 2000). Nous allons ensuite les convoyer au lycée de l’Alliance chrétienne, le site, sis route de Kamboinsin. C’est là où nous allons passer la semaine, du 26 juillet au 2 août. C’est interné, nous y restons jusqu’à la clôture. Cette année, nous allons partager le site avec les immergés ; nous avons notre espace, eux également ont le leur, et certainement qu’on va se tenir compagnie.
La contribution est de 10 000 FCFA par enfant. Peut participer tout enfant âgé de six à 18 ans, sans distinction de confession religieuse, de sexe, etc.
Il faut également signaler que la participation est ouverte à toutes les localités ; nous avons, à ce jour, des participants de Bobo, Tenkodogo, Ziniaré… qui sont déjà inscrits.
Comme celle de 2025, l’édition 2026 a pris en charge la participation des enfants de nos FDS et VDP tombés sur le champ de bataille. Pour nous, c’est un devoir, parce que leurs parents se sont sacrifiés pour le pays. Alors, si ces enfants se sentent abandonnés, c’est tout le Burkina qui a échoué.
Des messages à vos partenaires et éventuels soutiens !
Nos partenaires sont vraiment constitués de personnes de bonne volonté ; des frères et sœurs, qui se reconnaîtront certainement, qu’ils sachent que nous leur sommes infiniment reconnaissants. Il y a des gens qui ont tout de suite épousé notre vision, qui ont accepté de nous accompagner dans la mesure de leurs moyens, en nature, en espèces. Nous sommes vraiment ouverts à tout appui et conseil, pourvu que ce soit dans l’intérêt des enfants, dans l’objectif de l’initiative. Si des gens veulent nous accompagner, nous sommes preneurs. Par exemple, à la première édition, nous avons eu le soutien du ministre en charge de l’éducation, qui n’a pas hésité à nous accompagner, il a même présidé la cérémonie à travers son chargé de communication.
L’an passé, le ministre de l’enseignement secondaire a été impliqué, il a envoyé des techniciens de son département. Cette année, nous avons eu un écho favorable auprès du ministre en charge de la communication, qui a donné son accord pour être le parrain de l’édition. Pour cela, nous disons « Dieu merci ! », parce que c’est le porte-parole même du gouvernement, donc c’est le gouvernement. Nous sommes toujours dans la mobilisation et même pendant le camp, on peut toujours améliorer et faire mieux.
Entretien réalisé par O. L.
Lefaso.net
Source: LeFaso.net



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