Le promoteur du Musée de l’eau a lancé une vaste campagne de reboisement le 15 août prochain sur le site du musée. Cette campagne de reboisement va voir mettre en terre plusieurs plantes par les artistes, les sportifs et les acteurs culturels. Le promoteur du musée de l’eau revient sur cette activité lors de cette interview.

Lefaso.net : Vous lancez une campagne de reboisement le 15 août prochain au Musée de l’eau. Qu’est-ce qui a motivé cette initiative ?

Alassane Samora : Deux motivations majeures expliquent l’organisation d’une journée de grand reboisement au musée de l’eau. Premièrement, la vision du musée de l’eau est de devenir un musée écologique, environnementaliste et éco-citoyen. Cette vision se construit par la plantation d’au moins un arbre par chaque visiteur au musée de l’eau. La deuxième raison, c’est l’apport du musée de l’eau à la campagne de reboisement que le gouvernement lance chaque année pour lutter contre l’avancée du désert.

Pourquoi avoir choisi le Musée de l’eau pour accueillir cette campagne ?

Le choix du musée de l’eau pour accueillir cette campagne de reboisement est lié à la thématique du musée, l’aspect Eau, afin de montrer et de démontrer l’importance de l’eau dans la croissance de l’arbre. Sans eau, pas d’arbre !

Le reboisement est généralement porté par des associations environnementales.

Pourquoi avoir décidé d’impliquer particulièrement les artistes, les sportifs et les acteurs culturels ?

Le musée de l’eau intervient toujours dans une approche et une méthode innovante, atypique, éducative et pédagogique. Le choix du groupe cible doit être déterminant et impactant.

Le musée de l’eau a convié les artistes, les sportifs et autres sommités (écrivains et professeurs) du Burkina Faso à cette activité de reboisement car ils constituent des ambassadeurs, des porte-voix et des étendards de notre société. Imaginez un arbre sur lequel un éminent sportif ou chanteur du Burkina Faso porte ses empreintes. Ces empreintes deviennent une matérialisation historique de cette « star ». Même 50 années après !

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cette mobilisation ?

De nombreux messages seront transmis par le musée de l’eau à ce beau et grand public qui plantera la vie, l’arbre : la préservation, la gestion et le partage de l’eau comme patrimoine précieux des Burkinabè et de toute l’humanité. Comme le disait un sage africain, l’eau est la mère de l’humanité. Et le Touareg d’ajouter par ces propos : « Homme, bois l’eau et rends-toi beau ! »

Planter un arbre, c’est vivre utile ! Chacun des visiteurs au musée de l’eau qui plantera un arbre matérialisera son éternité. Inviter la jeunesse à faire de la plantation la forme expressive de sa juvénilité. Être jeune, planter et entretenir un arbre.

Qui peut participer à cette campagne ? Est-elle ouverte au grand public ou uniquement aux personnalités invitées ?

Le grand public est concerné par cette campagne de reboisement. Les artistes, les sportifs, les acteurs culturels et des médias sont tous concernés par cette activité de reboisement.

Quels sont les objectifs chiffrés de cette première édition ? Combien d’arbres comptez-vous planter ?

1 000 arbres de différentes espèces seront mis en terre par 500 artistes et sportifs. En plus de ces chiffres, il est attendu environ 300 personnes issues des familles burkinabè qui mettront sous terre des plants.

Quelles essences d’arbres seront mises en terre et selon quels critères ont-elles été choisies ?

Les arbres d’essence locale (baobab, karité, néré…) seront au nombre de 700 plants. Les 300 autres plants seront des manguiers, des citronniers, des orangers, des goyaviers…

Au-delà de la plantation, quelles dispositions sont prévues pour assurer le suivi et l’entretien des plants ?

Les plants à reboiser seront protégés par des grilles. Si les grilles sont en nombre inférieur, le musée de l’eau utilisera un plan B qui consistera à protéger les plants avec des pneus.

L’entretien des plants sera régulier par des arrosages intermittents et le suivi

La divagation des animaux aux alentours du musée de l’eau est une grande préoccupation/difficulté avec certains voisins.

Comment les artistes et les sportifs ont-ils accueilli votre appel ? Avez-vous déjà reçu des confirmations de participation ?

Le musée de l’eau mène de nombreuses approches pour contacter les artistes et les sportifs. Les contacts directs, les contacts par personnes interposées, les correspondances ont été les canaux de contacts. Tous ont unanimement donné un écho favorable.

Le promoteur du musée de l’eau, Alassane Samora

Pensez-vous que les personnalités publiques ont un rôle particulier à jouer dans la sensibilisation aux enjeux environnementaux ?

Tout le monde est concerné par la sensibilisation aux enjeux environnementaux car c’est un problème de société. Les engagements et les responsabilités des personnalités publiques doivent être plus percutants et avoir un fort impact sur tous les segments de notre société.

Le Burkina Faso est confronté aux effets du changement climatique. En quoi ce type d’initiative peut-il contribuer à inverser la tendance ?

Un des grands facteurs de la lutte contre le changement climatique est la gestion de l’eau. L’eau est et demeure l’épicentre du climat. Elle est le thermomètre et l’observatoire des changements climatiques.

Le musée de l’eau, en réalisant cette activité de reboisement, ouvre de larges pistes de réflexion sur la dimension holistique de l’eau : une prise en compte de la tendance à la lutte contre le changement climatique.

Souhaitez-vous faire de cette campagne un rendez-vous annuel ?

L’évaluation finale de cette première campagne de reboisement nous permettra de mieux apprécier les résultats.

Quels sont vos partenaires dans cette initiative et quel rôle jouent-ils dans son organisation ?

Actuellement, nous sommes en échange avec certains partenaires qui vont assurément s’engager dans les prochains. Faute de documents formels, nous attendons toujours.

Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté dans l’organisation de cette campagne ?

Le plus gros défi auquel le musée de l’eau est confronté dans l’organisation de cette campagne de reboisement est le manque de ressources financières et matérielles.

Quel appel lancez-vous aujourd’hui aux artistes, aux sportifs, aux opérateurs culturels, aux entreprises et aux citoyens burkinabè ?

Le musée de l’eau invite tous les Burkinabés à prendre part à la plantation de la VIE : l’Arbre.

Le musée de l’eau lance un appel fort et pressant aux sportifs, aux artistes, aux acteurs culturels, aux acteurs des associations et ONG, aux influenceurs, aux acteurs de la communication et des médias, aux citoyens de Saaba, de Loumbila, de Gampela, de Pabré, de Kambouisin… aux femmes et hommes maraîchers de la zone de Moutili, aux élèves et aux étudiants, aux environnementalistes et écologistes, aux diplomates…

S. I. K.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net