
Juriste spécialisée en droits de l’enfant et auteure de la méthode RELIER, Hierbine Aïcha Palé œuvre pour la protection de l’enfant et de la femme, et la construction de relations humaines fondées sur la confiance, le dialogue et la coopération. À travers le « Weekend des Parents et de l’Enfant », initiative dont la deuxième édition est prévue en novembre 2026, elle entend offrir aux familles un espace de reconnexion et de partage, loin des tensions du quotidien. Dans cet entretien, elle explique les objectifs de cette initiative, revient sur les enseignements de la première édition et évoque les enjeux des relations parent-enfant, de la parentalité positive et de la transmission des valeurs au sein de la famille.
Lefaso.net : On vous connaît à travers des sujets sur l’enfant et la femme. Qu’est-ce qui vous motive à vous focaliser spécifiquement sur ces domaines et à quoi consistent vos interventions ?
Hierbine Aïcha Palé : Effectivement, je travaille sur les questions de protection de l’enfant et de la femme pour deux raisons principales. La première concerne une conviction personnelle. Je n’aime pas voir les personnes souffrir. J’ai du mal à voir des personnes souffrir, surtout lorsque les situations qu’elles traversent peuvent trouver des solutions ou lorsqu’un accompagnement pourrait leur permettre de retrouver de la joie et de la liberté. La seconde raison pour laquelle je travaille sur ces sujets est liée à ma sensibilité aux questions de protection, de dignité humaine et de relations humaines paisibles. Je suis sensible aux relations qui permettent à chaque individu de se développer, de développer son potentiel et d’être pleinement humain. Mes interventions se situent à plusieurs niveaux. D’abord, je fais de la sensibilisation et de la formation sur les questions relatives aux droits de l’enfant. J’accompagne également des parents et des professionnels.
Vous travaillez uniquement sur les droits de l’enfant ?
Non, pas uniquement. Je travaille sur les questions de droits humains. Les droits humains englobent plusieurs aspects. Parmi ceux-ci, je me suis particulièrement focalisée sur les droits de l’enfant et, par ricochet, sur les droits de la femme. Parce que, pour moi, on ne peut pas travailler pour le bien-être d’un enfant en écartant sa mère ou l’environnement dans lequel il grandit. Tant que cet environnement n’est pas sécurisé et protecteur, tout le travail que nous ferons pour que l’enfant soit bien risque d’être vain. Nous allons travailler pour son bien-être, mais l’environnement dans lequel il vit au quotidien peut, lui aussi, agir de manière à empêcher que ce travail porte ses fruits. Il m’arrive également de faire de l’assistance juridique, c’est-à-dire de donner des conseils juridiques à des personnes qui en ont besoin. Mais, la plupart du temps, ces conseils portent, je ne sais pas si c’est le destin, sur des questions relatives à l’enfant, à sa protection ou à la protection de la femme.
En plus de ces actions de sensibilisation et de formation à l’endroit des parents, j’accompagne également des organisations, des entreprises et des institutions. Je les accompagne dans leurs pratiques relationnelles, notamment en matière de communication, de coopération et de gestion des conflits. Au fur et à mesure que je travaille sur ces sujets liés à la protection de l’enfant et de la femme, cela m’a amenée à élargir ma réflexion et à me poser la question de savoir comment construire des relations saines, dans lesquelles chaque individu peut être respecté, entendu et responsabilisé. C’est très important. Cette réflexion plus large m’a justement amenée à créer une méthode que j’ai appelée la Méthode RELIER. Avec cette méthode, j’accompagne davantage les personnes, les entreprises et les organisations qui viennent vers moi, à mieux construire leurs relations et à mieux coopérer.
Doit-on comprendre aussi que vous offrez de l’accompagnement familial et de l’assistance en matière de droits humains, précisément en ce qui concerne l’enfant et la femme ?
Oui, dans mes interventions, il y a de l’accompagnement familial. Mais je ne m’arrête pas à cet accompagnement familial. Mon accompagnement va au-delà de cela.
Aujourd’hui, mon travail va au-delà de cela. Mon accompagnement se situe à la croisée de trois dimensions. La dimension du droit, la dimension des relations humaines, et la dimension de la transmission. C’est justement cette approche plus large qui m’a amenée à créer la méthode RELIER. Parce que l’intelligence relationnelle doit venir s’ajouter à toute cette thématique du droit. Le droit est indispensable parce qu’il protège et pose des limites, mais ce n’est pas toujours suffisant dans une relation. Il faut également développer cette dimension d’intelligence relationnelle.
Étant une accompagnatrice en relations familiales, comment analysez-vous, de manière générale, les relations entre parents et enfants ?
En tant qu’accompagnatrice en relations familiales, je vais, par prudence, éviter de généraliser. Je vais plutôt répondre à cette question à partir de mon expérience professionnelle et de mon expérience avec les différentes familles que j’ai eu l’occasion d’accompagner. Ce qui me permet notamment d’apporter une réponse précise, c’est la méthode RELIER que j’ai développée. Le premier outil de cette méthode que j’utilise est le « Diagnostic RELIER », qui permet d’évaluer la qualité de la relation entre les parents et leurs enfants. À partir de mon expérience, je dirais qu’il y a beaucoup de parents qui aiment profondément leurs enfants, parfois même énormément. Malheureusement, malgré l’existence de cet amour, certains ne savent pas toujours comment communiquer avec eux ni comment véritablement se connecter à leurs enfants. C’est, à mon sens, l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les parents et, plus largement, les familles. À côté de ces familles qui rencontrent des difficultés, il y en a aussi qui parviennent à construire une relation harmonieuse avec leurs enfants. Mon accompagnement ne s’adresse d’ailleurs pas uniquement aux familles qui traversent des difficultés. Il y a également des familles qui souhaitent simplement renforcer les liens qui les unissent et améliorer davantage leur communication. Je rencontre donc ces deux réalités dans le cadre de mes activités. Le constat que je peux faire, c’est qu’il y a beaucoup d’amour au sein des familles. Les parents aiment leurs enfants. Mais il existe parfois un manque d’outils et de repères pour leur permettre de se connecter véritablement à leurs enfants, de communiquer avec eux de manière sereine et apaisée et de construire une relation fondée sur la coopération. Pourquoi ? Parce que, parfois, certains parents considèrent que l’enfant ne peut pas avoir raison face à son parent, qu’il a toujours tort face à un parent ou même face à un adulte, tandis que le parent aurait systématiquement raison. Cette conception contribue malheureusement à créer un fossé entre les parents et les enfants. Dans le cadre de mes accompagnements, je rappelle toujours aux parents que reconnaître une erreur ne remet absolument pas en cause leur autorité parentale. Ce n’est pas parce qu’un parent dit à son enfant : « Par rapport à ce qui s’est passé, j’ai eu tort de dire telle chose » ou « J’ai eu tort de faire telle chose », que son autorité parentale est bafouée. Au contraire, cela permet au parent de montrer son humanité et de transmettre à l’enfant un enseignement particulièrement important. Reconnaître, en tant que parent, que l’on a commis une erreur permet notamment d’enseigner à l’enfant que l’adulte aussi peut se tromper et que, lorsqu’on commet une erreur, il faut être capable d’en assumer la responsabilité. Après avoir assumé son erreur, il faut également être capable de présenter ses excuses et de demander pardon à l’autre. C’est un message extrêmement fort que le parent transmet ainsi à son enfant. Celui-ci pourra grandir avec cette capacité à reconnaître ses erreurs, à les assumer et à s’améliorer. Lorsque certains parents continuent de considérer que l’enfant ne peut pas avoir raison face à son parent, il faut aussi comprendre qu’il s’agit parfois d’une reproduction de ce qu’ils ont eux-mêmes vécu. C’est une sorte de cycle qui se perpétue de génération en génération. Pour que notre société puisse progressivement se départir de cette manière de penser, il appartient aux parents d’aujourd’hui de prendre leurs responsabilités. Ils doivent accepter qu’eux aussi sont des êtres humains, qu’ils peuvent se tromper et qu’il n’y a absolument aucun mal à reconnaître ses erreurs. Le véritable problème n’est donc pas de reconnaître que l’on s’est trompé. Le véritable problème, c’est de reconnaître son erreur sans chercher à s’améliorer par la suite.
Est-ce dans cet esprit que s’inscrit le « Weekend des Parents et de l’Enfant » ? À quoi consiste cette initiative ?
Le « Weekend des Parents et de l’Enfant » est une initiative qui a pour objectif de réunir les parents et les enfants, en compagnie de professionnels de la protection de l’enfance, dans un environnement bienveillant qui leur permet de se reconnecter à eux-mêmes.
Si je devais définir le « Weekend des Parents et de l’Enfant » en une seule phrase, je dirais que c’est un espace où les parents et les enfants viennent non pas seulement pour apprendre ensemble, pour vivre des expériences ensemble, mais pour prendre soin du lien qui les unit, pour protéger le lien qui les unit. C’est très important de préciser cet aspect, parce que dans cette activité, on ne travaille pas uniquement sur les parents d’un côté et les enfants de l’autre. On travaille surtout sur le lien qui les unit.
À qui s’adresse cette activité et dans quelles conditions peut-on y prendre part ?
Pour l’instant, le « Weekend des Parents et de l’Enfant », comme son nom l’indique, est dédié aux parents et à leurs enfants. Le but est vraiment de leur permettre de passer des moments de qualité ensemble, en dehors des tensions habituelles et de leur quotidien.
Il existe toutefois la possibilité d’ouvrir cette activité, à l’avenir, aux futurs parents qui souhaitent en savoir davantage sur ces questions. Mais pour l’instant, elle est destinée aux parents accompagnés de leurs enfants. Pour prendre part à l’activité, il faut manifester son intention de participer, être un parent accompagné de son enfant ou de ses enfants et s’inscrire au préalable. Les modalités d’inscription peuvent varier d’une édition à l’autre. De plus, que vous veniez seul avec vos enfants ou en couple avec vos enfants, vous êtes un parent. Il n’y a donc pas de distinction à ce niveau. Que ce soit un ou plusieurs enfants, les modalités restent les mêmes. Parce que, autant la mère peut ou doit avoir une relation saine avec son enfant, autant le père doit également avoir une relation saine avec son enfant.
Comment évoluez-vous, en tant qu’initiatrice ou en matière d’organisation, dans le « Weekend des Parents et de l’Enfant » et de quelle manière se prépare une telle activité ?
La première édition, je l’ai organisée à titre individuel. J’étais simplement une personne engagée pour la parentalité positive, la protection des droits de l’enfant, le bien-être des enfants et la construction de relations humaines saines. Cette première expérience m’a permis de comprendre énormément de choses et, surtout, de mieux appréhender les réalités du terrain. Par conséquent, aujourd’hui, je travaille à faire en sorte que cette initiative soit inscrite dans un projet porté par une organisation qui lui permettra de grandir sereinement et de durer dans le temps. Je ne veux pas que ce soit une activité centrée sur ma personne. Une telle activité se prépare avec beaucoup de pression, énormément de pression, surtout lorsqu’on l’organise sans sponsor. Pour mieux gérer un certain nombre de choses cette année, j’ai donc lancé un appel à bénévoles. Cela fait partie des leçons que j’ai tirées de l’édition passée. Cet appel à bénévoles doit permettre de créer un comité d’organisation du « Weekend des Parents et de l’Enfant », de sorte que ce comité soit véritablement au centre de l’activité pour cette édition et, pourquoi pas, pour les éditions à venir. Actuellement, nous faisons des rencontres avec certains bénévoles. Lors de ces rencontres, nous travaillons à identifier les différents besoins de l’activité, parce qu’elle demande énormément de choses. C’est une activité qui allie théorie et pratique. Il y a notamment des panels, qui permettent d’apporter des connaissances théoriques aux parents et aux enfants. Mais il y a également des activités de créativité, telles que le dessin, les jeux de créativité et les jeux de réflexion, comme le waré, par exemple. Nous sommes actuellement en train de réfléchir aux différentes activités que nous allons mettre en place cette année. Nous travaillons également à mobiliser les participants, les partenaires et les sponsors, afin que l’activité puisse se dérouler dans les meilleures conditions. Donc, c’est vraiment beaucoup de pression. C’est énormément de pression.
Quel est le bilan que vous faites de la première édition du « Weekend des Parents et de l’Enfant », surtout en termes de leçons apprises ?
Le bilan de la première édition est positif. Il est à la fois positif et très instructif, voire extrêmement instructif. Cette première édition m’a permis de tirer de nombreuses leçons. Je voudrais toutefois en retenir essentiellement deux qui me paraissent particulièrement importantes. La première leçon, c’est qu’il existe un réel besoin pour les parents de se retrouver avec leurs enfants de manière intentionnelle. Il est important d’insister sur cette notion d’intentionnalité. En effet, les parents vivent quotidiennement avec leurs enfants, mais le fait d’être constamment ensemble ne signifie pas nécessairement qu’ils sont véritablement en connexion. Cette première édition m’a donc permis de constater qu’il existe un réel besoin pour les parents et les enfants de se retrouver dans un même espace, dans un cadre différent de leur quotidien, afin de renforcer leur relation. La deuxième leçon que j’ai retenue est que, même s’il est facile de sensibiliser les parents sur la nécessité de passer du temps avec leurs enfants et de communiquer avec eux, il existe un véritable écart entre la sensibilisation et la mise en pratique. Les parents ont besoin d’expérimenter concrètement d’autres manières de communiquer avec leurs enfants, notamment en dehors de leur environnement de vie habituel. C’est une dimension importante que cette première édition m’a permis de comprendre. Ces deux leçons m’ont véritablement confortée dans l’idée que cette activité doit être intégrée dans un projet structuré, afin de lui permettre de grandir, de se développer sereinement et de s’inscrire dans la durée. Parce que le besoin existe réellement. Les retours des participants allaient d’ailleurs dans ce sens. Les personnes présentes ont estimé que l’initiative était pertinente et qu’elle répondait à un besoin réel. Les parents ont besoin de ce type d’espace pour pouvoir construire et renforcer des relations saines avec leurs enfants.
Quelles peuvent être les implications lorsque des parents ont des relations conflictuelles avec leurs enfants ?
Lorsque les parents entretiennent des relations conflictuelles avec leurs enfants, les conséquences peuvent se manifester à plusieurs niveaux. Le premier niveau concerne la dégradation progressive de la communication. Cette dégradation ne se produit pas nécessairement de manière immédiate ; elle peut s’installer progressivement. On se retrouve alors face à deux parties qui ont chacune leur propre perception de la situation. Les parents peuvent avoir le sentiment que leur enfant ne les écoute plus ou ne les écoute pas. Il existe d’ailleurs une nuance entre les deux. Il peut y avoir un enfant qui, de manière générale, n’écoute pas. Mais il peut également y avoir un enfant qui, à un moment donné, ne les écoute plus parce qu’une situation particulière l’a conduit à adopter cette attitude. De son côté, l’enfant peut également avoir le sentiment de ne pas être compris. Il peut se dire que ses parents ne l’écoutent pas, ne le comprennent pas ou ne lui donnent pas la possibilité de s’expliquer. Les deux parties peuvent alors rester dans une forme de confrontation permanente, chacune se repliant de son côté. Or, ce repli peut entraîner une dégradation progressive de la communication. Un silence peut progressivement s’installer et, à un moment donné, il peut devenir difficile de revenir sur tout ce que ce silence aura créé. À cela s’ajoute la difficulté de construire ou de maintenir un lien affectif et un lien de confiance. Lorsqu’un enfant rencontre des difficultés avec ses parents, il peut devenir plus difficile pour lui de se tourner vers eux pour leur expliquer ce qu’il vit. En général, on se confie à une personne avec laquelle on se sent en sécurité et avec laquelle on entretient une relation de confiance. En cas de désaccord persistant, l’une des conséquences peut donc être que l’enfant ne se sente plus suffisamment en confiance pour parler à ses parents de ce qui ne va pas dans sa vie. Pour les parents également, les habitudes d’échange qu’ils avaient avec leurs enfants peuvent progressivement disparaître lorsque le lien affectif est fragilisé, voire rompu. Un enfant qui grandit dans un environnement marqué par ce type de difficultés peut également reproduire ces schémas dans sa vie en société. Il peut avoir plus de difficultés à créer des relations et à nouer des liens avec les membres de sa communauté. Cependant, cela ne signifie pas que les familles doivent être dépourvues de conflits. Ce serait impossible. L’objectif n’est pas de construire des familles dans lesquelles il n’existe jamais de désaccords. Il faut plutôt travailler à faire en sorte que, malgré les conflits, les membres de la famille continuent à interagir et à préserver leur lien. On peut être en conflit avec quelqu’un tout en continuant à lui parler afin de rechercher ensemble une solution. L’essentiel est donc de ne pas laisser le conflit conduire à la rupture du dialogue et du lien familial.
Quel est l’enjeu du sujet de l’enfant en lien avec la famille et les parents, dans le contexte national de quête de valeurs de civisme, de patriotisme et de citoyenneté ?
L’enjeu est énorme, véritablement énorme. Pourquoi ? Parce que le citoyen de demain, celui que nous souhaitons construire, se forme à travers les relations que nous entretenons aujourd’hui avec les enfants. Le citoyen modèle que nous souhaitons voir demain, celui qui respecte la nation et qui assume pleinement ses responsabilités, commence à se construire dans son environnement de vie. Or, le premier espace dans lequel doivent être transmises les valeurs de respect de la nation, c’est la famille. La famille doit donc jouer un rôle d’encadrement et de responsabilisation. Elle doit permettre à l’enfant de comprendre et d’intégrer progressivement les valeurs de citoyenneté, de respect et de responsabilité. Quand on parle de respect, il s’agit notamment du respect de soi et du respect de l’autre. Lorsqu’une personne apprend à se respecter, elle est également appelée à respecter l’autre. Elle comprend notamment que la dignité humaine n’est pas liée au statut d’une personne. Le simple fait d’être une personne lui confère une dignité humaine qui doit être respectée. La famille constitue donc véritablement cette cellule de base qui doit contribuer à former des citoyens capables de respecter les autres et de respecter leur nation. À mon sens, c’est fondamental, voire extrêmement fondamental. Les valeurs de civisme que nous recherchons aujourd’hui, la citoyenneté responsable que nous souhaitons promouvoir et le patriotisme que nous voulons renforcer ne commencent pas dans les institutions. Ils commencent dans les familles. La responsabilité de chaque famille est donc engagée. Comme j’aime parfois le dire, ce que nous observons dans notre société n’est que le reflet de nos familles. Nous venons tous d’une famille et c’est au sein de cette famille que nous avons, pour la première fois, été en contact avec les valeurs humaines, le respect et, notamment, avec une certaine conception du patriotisme. C’est donc véritablement fondamental. Les institutions viennent ensuite renforcer et compléter ce qui a déjà été transmis au sein de la famille, notamment par les parents.
En ces temps de vacances, quels conseils donneriez-vous aux parents par rapport aux enfants ?
Les vacances sont avant tout un temps de repos, c’est vrai. Mais elles constituent également une période privilégiée pour se retrouver en famille. Pendant l’année scolaire, les enfants sont généralement à l’école et les parents vaquent à leurs différentes occupations professionnelles. Il n’est donc pas toujours évident de consacrer suffisamment de temps à la famille. Les vacances doivent ainsi être considérées comme un temps de repos, mais aussi comme un temps de retrouvailles. Le premier conseil que je peux donner aux parents, c’est de faire l’effort de se retrouver avec leurs enfants. Cela ne nécessite pas forcément d’avoir beaucoup de moyens financiers. Pour ceux qui en ont la possibilité, je conseillerais vivement de voyager avec leurs enfants. C’est très important, parce que cela leur permet de découvrir d’autres réalités, de sortir de leur environnement quotidien et de voir au-delà de ce qui les entoure habituellement. Par expérience, je dirais que ces découvertes contribuent également au développement de la créativité des enfants. Il est donc important de leur permettre de découvrir d’autres environnements et de vivre de nouvelles expériences. J’invite également les parents à ne pas laisser leurs enfants passer toute leur journée devant les écrans. Parfois, les vacances sont malheureusement associées à une utilisation excessive des écrans et à un rythme de sommeil complètement décalé. L’enfant peut rester devant les écrans jusque tard dans la nuit, puis dormir au petit matin et se réveiller à midi, voire plus tard. Je recommande donc aux parents de veiller à limiter le temps passé devant les écrans et, surtout, de profiter de cette période pour passer davantage de temps avec leurs enfants, lorsque cela leur est possible. Cela leur permettra de mieux connaître leurs enfants et de mieux comprendre leurs besoins. Les vacances peuvent également être une occasion de revenir sur ce qui s’est passé au cours de l’année scolaire. Pour les parents qui n’ont pas eu suffisamment de temps pour échanger en profondeur avec leurs enfants durant l’année, cette période peut constituer une véritable opportunité pour discuter de leur vie scolaire, mais aussi de leur vie sociale à l’école. Ces échanges permettront aux parents de mieux comprendre leurs enfants et de déterminer comment les accompagner au mieux pour la prochaine rentrée scolaire. J’invite donc véritablement les parents à créer ce temps de manière intentionnelle. J’insiste beaucoup sur cette notion d’intentionnalité. Cela signifie que le parent doit, avec son enfant, prendre consciemment la décision de passer du temps ensemble et de réaliser des activités ensemble. Il ne s’agit pas simplement d’être présents au même endroit, mais de décider véritablement de consacrer du temps à la relation parent-enfant.
Entretien réalisé par Hanifa Koussoubé et Anita Zongo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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