
Les rencontres sectorielles d’échanges sur la fourniture locale de biens et services dans le secteur minier ont pris fin ce jeudi 22 octobre 2026, à Ouagadougou. Organisées par le ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières, à travers le Secrétariat permanent du contenu local et de la promotion des investissements, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), elles ont permis aux acteurs du secteur d’examiner les difficultés rencontrées par les fournisseurs burkinabè et de proposer des solutions pour améliorer leur compétitivité et renforcer leur accès aux marchés miniers.
Les échanges ont porté sur trois domaines d’activité : le fret et le transit, la location d’engins miniers et les pièces de rechange, ainsi que les équipements de protection individuelle (EPI).
Selon le secrétaire permanent du contenu local et de la promotion des investissements, Zéphirin Zongo, ces rencontres annuelles constituent un cadre de concertation entre l’administration, les sociétés minières et les fournisseurs nationaux. Elles permettent de faire le point sur l’application de la réglementation relative au contenu local, entrée en vigueur en janvier 2022.
« Nous attendons de ces rencontres des recommandations concrètes et opérationnelles pour améliorer la fourniture locale de biens et services. Il s’agit d’identifier les difficultés rencontrées par les fournisseurs et les sociétés minières, puis de rechercher ensemble des solutions adaptées. L’administration des mines doit également veiller au respect de la réglementation et examiner les améliorations nécessaires pour obtenir de meilleurs résultats », a-t-il expliqué.

Les échanges ont notamment mis en lumière les difficultés d’accès au financement, qui freinent le développement des entreprises nationales. La participation des institutions financières aux rencontres a permis d’engager des échanges sur les possibilités d’accompagnement des fournisseurs locaux.
Dans le domaine du fret et du transit, les participants ont examiné les changements intervenus dans l’organisation du secteur, notamment avec la mise en place de Faso Transit et Logistique. Le rôle de l’Office national de sécurisation des sites miniers (ONASSIM) a également été évoqué.
Concernant la location d’engins miniers et les pièces de rechange, les difficultés soulevées portent principalement sur la représentation des marques spécialisées et l’accès des entreprises nationales à certains marchés.

Malgré ces contraintes, Zéphirin Zongo a dressé un bilan positif de la mise en œuvre de la réglementation sur le contenu local. Selon lui, la part des achats locaux de biens et services effectués par les sociétés minières a progressé entre 2022 et 2025.
« L’objectif initial fixé par la stratégie nationale du contenu local était de 30 %. Aujourd’hui, selon les statistiques dont nous disposons, nous sommes autour de 50 %. C’est une évolution positive, même si des efforts restent nécessaires pour renforcer davantage la participation des entreprises nationales », a-t-il indiqué.

De son côté, le représentant de la Chambre des mines du Burkina, Ezidor Bazemo, a relevé plusieurs insuffisances dans les prestations de certains fournisseurs locaux. Il a notamment évoqué le manque de maîtrise technique des produits, les retards de livraison et les difficultés de financement.
Selon lui, l’approvisionnement des sociétés minières exige des compétences particulières, notamment pour les produits dangereux et les équipements utilisés dans les usines de traitement du minerai.
« Lorsqu’un fournisseur propose une pièce de rechange, il doit en connaître les caractéristiques techniques, la composition et l’origine. Une pièce inadaptée peut provoquer une panne et perturber les activités de production. Il est donc indispensable que les fournisseurs développent une véritable expertise dans les produits qu’ils commercialisent », a souligné Ezidor Bazemo.
Il a également insisté sur la nécessité pour les fournisseurs burkinabè de mutualiser leurs ressources afin de renforcer leurs capacités financières et techniques. Cette collaboration pourrait leur permettre de répondre à des marchés plus importants et de mieux satisfaire les exigences des sociétés minières.
Au-delà de l’approvisionnement, Ezidor Bazemo a encouragé les entreprises nationales à s’orienter progressivement vers la fabrication locale de produits et de pièces destinés à l’industrie minière. Certains opérateurs économiques ont déjà entrepris des démarches pour obtenir la représentation de marques spécialisées, tandis que d’autres envisagent de développer des unités de production.
Ces rencontres s’inscrivent dans la volonté des autorités burkinabè d’accroître les retombées économiques de l’exploitation minière au profit des entreprises nationales. Le renforcement des capacités des fournisseurs et leur accès au financement demeurent des enjeux importants pour consolider les acquis du contenu local.
Samirah Bationo
Lefaso.net
Source: LeFaso.net

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