Près de deux ans après son lancement, le projet d’assistance multisectorielle intégrée en santé sexuelle et reproductive, en protection et en nutrition entre dans sa phase finale. Mis en œuvre par CARE International et son partenaire, l’Alliance technique d’assistance au développement (ATAD), avec le soutien financier du gouvernement canadien à travers Affaires mondiales Canada, ce projet vise à améliorer l’accès des populations affectées par les crises aux services sociaux essentiels. La cérémonie d’ouverture de l’atelier national de bilan et de capitalisation s’est tenue ce jeudi 29 octobre 2026 à Ouagadougou. Cette rencontre permettra aux acteurs de faire le point sur les résultats obtenus, d’identifier les difficultés rencontrées et de dégager des pistes pour assurer la continuité des actions engagées au bénéfice des communautés.

Prenant la parole au cours de la cérémonie, le coordonnateur de CARE, Dr Jean Marie Zongo, a rappelé que le projet avait été conçu pour apporter une réponse globale aux besoins des populations déplacées, retournées et des communautés d’accueil affectées par la crise sécuritaire et humanitaire.

« Le projet a commencé en janvier 2025 et doit prendre fin le 31 octobre 2026. Il avait pour objectif d’apporter une assistance multisectorielle aux communautés retournées et affectées par la crise, notamment dans les domaines de la santé sexuelle et reproductive, de la nutrition et de la protection », a-t-il expliqué.

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs interventions ont été conduites sur le terrain. Elles ont notamment porté sur le renforcement des capacités des structures sanitaires, la mise à disposition de matériels médico-techniques et la réhabilitation de centres de santé dans des zones affectées par l’insécurité. Ces actions visaient à améliorer les conditions de prise en charge des populations dans des localités où les infrastructures sanitaires ont été fragilisées par la crise.

« Nous avons travaillé dans des zones fortement affectées par l’insécurité et, malheureusement, les centres de santé ont également subi les conséquences de cette crise. Notre travail consistait donc à contribuer à leur réhabilitation afin de permettre aux femmes et aux enfants de s’y rendre et d’obtenir les soins dont ils ont besoin », a indiqué Dr Jean Marie Zongo.

Au-delà du secteur sanitaire, le projet a accordé une attention particulière à la protection des femmes et des filles. Quatre espaces leur ont été dédiés afin de leur offrir des cadres de rencontre, de renforcer leurs compétences de vie et de favoriser leur épanouissement au sein de leurs communautés.

Le projet, selon le coordonnateur du CARE, a touché environ 200 000 personnes

Au total, environ 200 000 personnes ont été touchées par les interventions, selon le coordonnateur de CARE. Il s’agit notamment de femmes, d’enfants, de personnes déplacées internes, de personnes retournées et de membres des communautés d’accueil.

Le choix des zones d’intervention s’est effectué selon une démarche participative associant les acteurs nationaux et régionaux. L’objectif était de concentrer les ressources sur les localités où les besoins en matière de santé, de protection et d’assistance humanitaire étaient les plus importants.

« Nous avons adopté une approche participative. Des séances de travail ont été organisées avec les acteurs aux niveaux national et régional afin qu’ils puissent nous indiquer les zones dans lesquelles les besoins étaient les plus importants. Il s’agissait notamment de localités confrontées à une forte insécurité, où les besoins en réhabilitation des centres de santé, en assistance et en protection des communautés vulnérables étaient réels », a précisé le coordonnateur.

Représentant la ministre en charge de la famille, le secrétaire général du ministère, Ourobé Éric Coulibaly, a salué cette initiative qui répond à des besoins essentiels des populations affectées par les crises. Dans son intervention, il a rappelé que les difficultés d’accès aux soins, les risques nutritionnels, la fragilisation des moyens d’existence et les violences basées sur le genre constituent des défis majeurs pour les communautés. Pour lui, derrière les statistiques et les indicateurs des projets humanitaires se trouvent des femmes, des enfants et des familles dont la dignité et les perspectives d’avenir doivent être préservées.

« Depuis plusieurs années, notre pays fait face à des défis sécuritaires, humanitaires et sociaux qui éprouvent les populations et mettent à rude épreuve les mécanismes traditionnels de solidarité ainsi que les capacités de réponse des services sociaux essentiels. Les difficultés d’accès aux soins de santé, les risques nutritionnels et les violences basées sur le genre constituent autant de défis auxquels nous devons apporter des réponses adaptées, coordonnées et durables », a-t-il souligné.

Le secrétaire général a également insisté sur la nécessité d’évaluer les projets humanitaires au regard de leurs effets concrets sur les conditions de vie des bénéficiaires, plutôt qu’en se limitant au nombre d’activités réalisées.

« La véritable mesure de notre réussite ne réside pas uniquement dans le nombre d’activités réalisées, mais dans les changements positifs, concrets et durables qu’elles produisent dans la vie des populations », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général du ministère en charge de la famille a souhaité que les travaux de cet atelier débouchent sur des recommandations concrètes et réalistes

Cette exigence implique, selon lui, de tirer les enseignements des interventions, de reconnaître les insuffisances et de déterminer les améliorations nécessaires pour les actions futures.

Pour favoriser la durabilité des résultats, le secrétaire général du ministère en charge de la famille a invité les participants à accorder une attention particulière à quatre orientations. La première concerne le renforcement de l’appropriation des acquis par les services techniques compétents et les collectivités. La deuxième porte sur la consolidation de la coordination entre les secteurs de la santé, de la nutrition, de la protection, de l’action humanitaire et de l’action sociale. La troisième vise à renforcer la participation des communautés, particulièrement des femmes et des jeunes, à l’identification des besoins, au suivi des interventions et à la recherche de solutions adaptées. Enfin, la quatrième orientation concerne l’amélioration des mécanismes de suivi, de redevabilité et d’apprentissage.

Pour le secrétaire général, ces axes doivent guider l’élaboration des recommandations de l’atelier afin que les ressources mobilisées produisent des résultats durables.

« Je souhaite que les travaux de cet atelier débouchent sur des recommandations concrètes, réalistes et hiérarchisées, assorties de responsabilités et d’échéances clairement définies, afin que les acquis puissent être consolidés et que les expériences issues de ce projet puissent bénéficier aux interventions futures », a-t-il déclaré.

Il a également exprimé la reconnaissance du gouvernement burkinabè au Canada pour son soutien financier, ainsi qu’à CARE International, à son partenaire ATAD, aux services techniques de l’État, aux travailleurs sociaux et aux acteurs communautaires ayant contribué à la mise en œuvre du projet.

L’ambassadeur désigné du Canada au Burkina Faso, Richard Le Bars, a, quant à lui, réaffirmé l’engagement de son pays en faveur des populations vulnérables et de la résilience des communautés. Rappelant que le Canada et le Burkina Faso entretiennent des relations de coopération depuis 1962, il a souligné que leur partenariat repose notamment sur le respect mutuel, le dialogue et la solidarité. Et le projet soumis à l’évaluation s’inscrit dans cette dynamique, avec une approche intégrée qui vise à répondre simultanément aux besoins des populations en matière de santé sexuelle et reproductive, de nutrition et de protection. Pour le diplomate, la pertinence des interventions humanitaires dépend également de la qualité de la collaboration entre les institutions nationales, les services techniques, les organisations de la société civile et les communautés.

L’ambassadeur désigné du Canada a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur des populations vulnérables

Il a salué les efforts des autorités burkinabè, des équipes opérationnelles et des partenaires ayant accompagné les bénéficiaires tout au long de la mise en œuvre du projet.

L’ambassadeur a, en outre, insisté sur trois priorités devant orienter les travaux de capitalisation à savoir documenter rigoureusement les résultats et les leçons apprises, valoriser les compétences des acteurs locaux et formuler des recommandations concrètes pour améliorer la qualité et la durabilité des interventions futures.

« Cet atelier est l’occasion d’examiner les résultats obtenus, les défis rencontrés et les enseignements à tirer pour l’avenir. Pour guider nos travaux, trois priorités méritent une attention particulière : documenter rigoureusement les résultats et les leçons acquises, valoriser les capacités et l’expertise des acteurs locaux, et formuler des recommandations concrètes pour améliorer la qualité et la durabilité des interventions futures », a-t-il déclaré.

Richard Le Bars a enfin assuré que le Canada demeurait attaché à son partenariat avec le Burkina Faso et à son engagement en faveur des populations vulnérables.

Au terme de l’atelier, les recommandations formulées devront contribuer à orienter les interventions futures dans les domaines de la santé sexuelle et reproductive, de la nutrition et de la protection. L’enjeu, pour les autorités et les partenaires, sera désormais de préserver les acquis du projet, de renforcer les capacités locales et de faire en sorte que les populations bénéficiaires continuent d’accéder aux services essentiels, au-delà de la clôture de cette initiative.

Hanifa Koussoubé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net