
Depuis le début de la phase des questions et observations du parquet militaire et de la partie civile, l’histoire retiendra que ce lundi 17 décembre 2018, est l’un des jours où les débats ont été le plus houleux et plein d’émotions.
La copie du compte-rendu de la rencontre du Comité de la résistance populaire. C’est la pièce qui a suscité plus de débats et d’émotions au cours de l’interrogatoire du général Gilbert Diendéré.
Selon la pièce de l’accusé, des gens se sont réunis et ont décidé « d’utiliser des enfants comme bouclier humain » durant le coup d’État. Il était question d’inciter les enfants à sortir pour manifester et ils tomberont sous les balles du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). C’est en suspense les conclusions de cette réunion, a fait comprendre l’accusé.
Le parquet militaire a demandé au tribunal d’écarter cette pièce, car elle n’a pas été signée, il y a des ratures et l’accusé refuse de communiquer la source.
Le conseil de l’accusé a refusé cette proposition du parquet. « Quand Zida dit, on investigue. Quand le général dit et remet des pièces, on écarte, même deux ans après », a indiqué Me Latif Dabo.
Me Olivier Yelkouni entonne le même son de la trompette. « Les informations contenues dans la pièces sont suffisamment graves et elles doivent pousser le tribunal à investiguer », a-t-il affirmé, avant de demander au tribunal « d’apprécier librement cette pièce ».
« Je suis là pour accuser et non pour défendre »
« Utiliser des enfants comme bouclier humain ». Cette thèse a retenu l’attention de la partie civile.
Prenant la parole, Me Guy Hervé Kam a rappelé les propos d’un accusé au cours d’un procès en Allemagne en 1916. L’accusé a dit : « Je suis là pour accuser et non pour me défendre ». L’attitude du général Diendéré depuis le début de son audition, fait rappeler cette déclaration, selon Me Kam.
La réunion du Comité dont le général Diendéré détient la copie du compte-rendu, s’est déroulée le 20 septembre 2015. Pour Me Kam, le RSP avait encore le pouvoir. Pourquoi ils n’ont-ils pas attrapé les participants à cette réunion, du moment où ils ont la liste des participants et leurs contacts.
Me Kam a cité dix cas dans différents quartier et dans de différentes conditions des victimes du putsch. Et ce, du 17 au 20 septembre 2015. Est-ce que ces victimes étaient des boucliers humains avant la réunion du Comité de la résistance populaire, s’est interrogé Me Kam.
La salle était silencieuse. On ne pouvait entendre que le bruit de la climatisation. Des accusés ayant la tête baissée. L’émotion envahit la salle d’audience.
Un instant plus tard, Me Kam conclut : « Pour votre défense, respectez la mémoire des victimes ».
Le président du tribunal donne la parole à l’accusé s’il a une réaction suite à ce que Me Kam a développé. » Je n’ai pas d’observation », a déclaré Gilbert Diendéré.
Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net
Source: LeFaso.net
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