Après trois jours d’échanges entre acteurs africains de l’écosystème informationnel, la première édition du Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI) a pris fin ce vendredi 30 octobre 2026 à Ouagadougou. Initiée par EducommuniK, en collaboration avec la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) et avec le soutien financier de la République fédérale d’Allemagne, cette rencontre a permis de dégager des recommandations pour renforcer la lutte contre la désinformation et promouvoir l’éducation aux médias dans les pays participants.

Faire de l’éducation aux médias et à l’information une véritable culture citoyenne en Afrique de l’Ouest et au Sahel. C’est l’ambition portée par EducommuniK à travers la première édition du Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information (FA-EMI). Réunis autour du thème « Éducation aux médias et à l’information : construire une résilience régionale face à la désinformation et aux manipulations de l’information », des acteurs venus notamment du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie ont échangé pendant trois jours sur les moyens de construire une résilience régionale face à la désinformation et aux manipulations de l’information.

Pour Damien Seglonou, la clôture du forum ne marque pas la fin de l’engagement d’EducommuniK en faveur de l’éducation aux médias et à l’information.

Au terme de cette rencontre, l’organisation se félicite d’avoir réussi à réunir plusieurs experts et intervenants de l’écosystème informationnel de la sous-région. Pour Nina Kady Diallo, chargée de programme à EducommuniK, cette première édition constitue une étape importante dans la dynamique de promotion de l’éducation aux médias et à l’information.

« Nous sommes très satisfaits à la fin de cette édition du Forum africain de l’éducation aux médias et à l’information parce que, grâce au financement de la République fédérale d’Allemagne, nous avons réussi à réunir ici à Ouagadougou plusieurs experts et intervenants de l’écosystème informationnel de la sous-région », a-t-elle indiqué.

« Les recommandations issues de cette première édition seront consolidées afin de leur donner une suite concrète », Nina Kady Diallo, chargée de programme à EducommuniK.

Les différentes communications des experts et les échanges entre participants ont permis de faire émerger plusieurs propositions pour renforcer les capacités des populations face aux désordres informationnels. L’un des principaux défis pour EducommuniK sera désormais de transformer ces recommandations en actions concrètes, notamment à travers leur prise en compte dans les politiques éducatives des pays concernés.

« Nous travaillerons à consolider toutes les recommandations qui sont issues de ce forum. Nous ferons en sorte que cela ne reste pas au stade des propositions », a assuré Nina Kady Diallo.

Des acteurs venus de cinq pays africains ont échangé sur les défis liés à la désinformation et les moyens de développer l’esprit critique des populations.

EducommuniK mise sur la continuité de l’initiative

Pour l’organisation, la clôture de cette première édition ne signifie pas la fin de la mobilisation. Damien Seglonou, représentant du secrétaire exécutif de EducommuniK, a rappelé que le forum est l’aboutissement d’une dynamique engagée depuis plusieurs années pour faire progresser l’éducation aux médias et à l’information sur le continent.

Il a notamment souligné que cette initiative traduit l’ambition de faire de Ouagadougou un espace de rencontres et de dialogue entre les acteurs africains de l’EMI. Il a également salué l’accompagnement de l’Allemagne et la collaboration de la BCLCC dans la préparation et la mise en œuvre des activités.

« L’éducation aux médias et à l’information constitue un levier important dans la prévention de la cybercriminalité et la lutte contre la désinformation », Julien Legma, chef de la division Planification, communication et collaboration policière de la BCLCC.

Au-delà du forum, la semaine consacrée à l’éducation aux médias et à l’information a été ponctuée de caravanes de sensibilisation, de visites dans les organes de presse et d’animations au sein des locaux de l’organisation. Des compétitions de slam, de dessin et de production vidéo ont également été organisées afin de mobiliser les participants autour des enjeux de l’EMI.

À l’issue de la cérémonie de clôture, les lauréats de ces différentes compétitions ont été primés, mettant ainsi à l’honneur la créativité et l’engagement en faveur d’une utilisation responsable de l’information.

« La désinformation et les discours de haine dépassent les frontières et appellent une réponse collective des pays », Dietrich Becker, ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Burkina Faso.

Des partenaires mobilisés autour de la vision de l’organisation

La réussite de cette première édition repose également sur l’engagement des partenaires. Représentant la BCLCC, Julien Legma, responsable de la Division de la planification, de la communication et de la collaboration policière, a salué la qualité de la collaboration avec EducommuniK. Il a rappelé que la prévention de la cybercriminalité nécessite une implication de l’ensemble des acteurs, notamment les organisations de la société civile.

Selon lui, l’éducation des populations constitue un préalable indispensable face à la progression des menaces cybercriminelles, de la désinformation et des discours de haine. Il a ainsi souhaité que les recommandations du forum alimentent un plaidoyer en faveur de l’intégration de l’EMI dans les curricula des systèmes éducatifs.

Remise du prix Dessin/Infographie SM-EMI 2026 d’EducommuniK

De son côté, l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Burkina Faso, Dietrich Becker, a félicité EducommuniK pour cette initiative et salué la mobilisation des participants venus de différents pays. Il a réaffirmé l’importance du partage d’expériences entre les pays africains et leurs partenaires européens, rappelant que la désinformation constitue un défi commun qui dépasse les frontières.

Il a également exprimé la disponibilité de son pays à examiner de nouvelles propositions de projets avec l’organisation, après cette première expérience de collaboration.

Pour Nestor K. Doamekpo, ambassadeur EMI du Niger, les acquis de cette rencontre doivent maintenant être partagés au-delà du cadre du forum. Il a invité les participants à sensibiliser leurs communautés et à mettre en pratique les connaissances acquises dans leurs pays respectifs.

Photo de famille

En envisageant d’autres éditions du Forum africain de l’EMI en Afrique de l’Ouest et au Sahel, EducommuniK entend ainsi inscrire cette initiative dans la durée. L’enjeu est désormais de consolider les acquis de cette première rencontre et de mobiliser les pouvoirs publics, les médias, les institutions éducatives et les organisations de la société civile autour d’un engagement commun pour un environnement informationnel plus responsable.

Anita Mireille Zongo

Lefaso.net

Source: LeFaso.net