
Du 15 au 17 décembre 2016 s’est tenu, sous la houlette de plusieurs organisations paysannes, un atelier régional de partage d’expériences et de réflexions sur les pôles de croissance. A l’issue des travaux, les participants ont appelé les gouvernements des pays africains à abandonner les agropoles.
C’est maintenant une mode dans les pays de la sous-région. Pour booster leur développement, les gouvernements de ces pays ont mis en place les pôles de croissance dans lesquels sera promu l’agrobusiness.
Seulement, la pratique de cet agrobusiness met à mal sinon ignore l’agriculture familiale qui pour l’heure est pourvoyeuse des grands investissements. « Le choix des gouvernements conduit à promouvoir une agriculture à deux vitesses qui favorise les investissements des entreprises nationales et internationales au détriment de ceux des exploitations familiales. Pourtant, d’après la FAO, ce sont ces exploitations familiales qui réalisent au moins 80% des investissements agricoles de la sous-région et fournissent 70% des denrées alimentaires disponibles sur les marchés domestiques », ont soutenu les participants à l’atelier de Ouagadougou.
Des effets néfastes
Déjà, la création de ces pôles de croissance agricole, de l’avis des organisations paysannes, présente des effets négatifs et des risques patents pour les populations et l’environnement. Ces risques ont pour noms l’accaparement des terres par les promoteurs de l’agrobusiness, l’aggravation de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, la naissance de conflits entre agriculteurs, des effets environnementaux négatifs, etc.
Au regard des griefs portés contre l’agrobusiness, les paysans ont réaffirmé leur conviction que l’agriculture familiale doit devenir le véritable moteur de la souveraineté et sécurité alimentaire et nutritionnelle des pays de la région. Pour exprimer clairement leurs attentes, ils ont formulé des recommandations appelant les gouvernements à « renoncer au développement des pôles de croissance agricole qui favorisent l’agrobusiness au détriment de l’agriculture familiale, en particulier grâce à des exemptions fiscales, tarifaires et douanières.
Promouvoir l’autosuffisance alimentaire
Les organisations paysannes, allant plus loin, ont également demandé aux gouvernements d’accroitre les investissements publics en faveur du développement agricole, en ciblant en priorité l’agriculture familiale, les pratiques agro-écologiques et le développement de périmètres irrigués destinés aux exploitations familiales.
« Aucun pays ne s’est développé au monde sans avoir réalisé son autosuffisance alimentaire. L’histoire de la Rome antique nous enseigne que c’est réussissant à barrer la route à la provision de Rome, que ces ennemis ont provoqué sa chute. Il est maintenant temps que nos gouvernements travaillent à cela si on veut aller au développement », a plaidé Bassiaka Dao, président de la Confédération paysanne du Faso (CPF).
Jacques Théodore Balima
Lefaso.net
Source: LeFaso.net
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