309 millions d’Africains souffrent encore de la faim, soit plus que toute autre région du monde, selon les données de 2025 de l’Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui souligne cependant que la proportion de personnes souffrant de la faim sur le continent est passée de 20,3 % à 20 % en 2025, une première baisse en une décennie (deux Africains sur trois n’ont toujours pas les moyens de s’offrir une alimentation saine et équilibrée). Les projections indiquent qu’en 2030, plus de la moitié des personnes touchées par la faim dans le monde vivront en Afrique. Face à ce tableau pas reluisant, l’Union africaine et la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont, le 3 novembre 2026, réuni à Addis-Abeba, gouvernements, bailleurs et humanitaires, pour repenser la lutte contre la faim sur le continent.

L’ambition affichée est de sortir du cycle des interventions d’urgence et bâtir des solutions durables sur un continent qui, en 2025, enregistrait environ 309 millions de personnes souffrant de Hhv. sous-alimentation et où deux Africains sur trois n’ont toujours pas les moyens de s’offrir une alimentation saine et équilibrée. Or, ce ne sont pas les intentions, discours et stratégies de développement agricole, de transformation et de bien-être partagée au plan alimentaire qui ont fait défaut depuis la création de cette organisation continentale, l’Union africaine.

Pour le commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture, Moses Vilakati, le problème n’est donc pas l’absence de cadres politiques, mais, et comme dans bien d’autres de domaines, leur mise en œuvre. « On ne mange pas des politiques », a-t-il craché en résumé au défi en la matière. Analysant l’environnement général, il ressort que la priorité consiste entre autres à réduire la dépendance aux pluies (l’agriculture africaine reste majoritairement pluviale) et ouvrer à s’adapter aux réalités (irrigation, équipements, semences adaptées et engrais appropriés aux sols…).

Et dans un contexte de recul du soutien extérieur, les bailleurs étant tous confrontés à de graves problèmes, le commissaire de l’Union africaine chargé de l’agriculture appelle les gouvernements africains à mobiliser des ressources internes, notamment les Fonds de pension, les diasporas et les philanthropes, tout en présentant des projets bancables.

Des propos cash du commissaire de l’Union africaine, Moses Vilakati, qui rappellent et rejoignent le punchline du président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré, lorsque, réitérant l’impératif de rompre avec certaines formes de dépendance, il martelait dans son discours à la Journée de l’Excellence scolaire 2026, le 4 septembre 2026 : « L’Africain qui n’est pas capable de se nourrir, qu’il meurt ! (…). On a assez de terres ici. Pourquoi c’est nous qui devons aller commander ou aller tout prendre ailleurs ? ». Devant son auditoire, le chef de l’Etat avait ainsi ouvert une parenthèse sur la lancinante question de la souveraineté alimentaire et à la capacité de l’Afrique en général, à produire pour répondre à ses propres besoins.

C’est dire également que dans le contexte mondial actuel fait d’épreuves de changement climatique, de tensions géopolitiques, de crises socio-économiques, et face à une démographie dynamique, il y a fort à faire pour atteindre, à l’horizon 2030 (Objectif de Développement durable des Nations-Unies, ODD), l’objectif visant à éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable pour le bien-être des populations africaines.

O.L.

Lefaso.net

Source: LeFaso.net