Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’analyse des capacités d’intervention des acteurs pour un renforcement du Nexus humanitaire développement et paix, un atelier de réflexion s’est ouvert ce mardi 29 septembre 2020, à Ouagadougou, sous la présidence du directeur général du développement territorial, Martial Wilfrid Bassolé.

Le Burkina Faso est en proie à des attaques armées et à des incidents sécuritaires et meurtriers, depuis 2015. Cette dégradation de la situation sécuritaire a des conséquences lourdes sur la population. Selon la coordonnatrice du système des Nations unies au Burkina, Metsi Makhetha, avec plus de trois millions de personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire, plus d’un million de déplacés internes en août 2020 et une pression croissante sur la cohésion sociale, les champs d’intervention sont multiples. De ce fait, il faut une coordination des interventions afin que les populations affectées puissent avoir accès aux services sociaux de base.

Les participants prêtent une oreille attentive aux travaux

D’où le présent atelier de réflexion dont l’objectif est de voir, avec l’ensemble des acteurs (les acteurs humanitaires, de développement et tous ceux qui accompagnent la cohésion sociale), comment faire ce travail sur le terrain en utilisant le référentiel du gouvernement dont l’une des actions phares a été la formulation des plans opérationnels territorialisés.

Au cours de cette rencontre, plusieurs communications sur des thèmes variés tels que les mécanismes de coordination des acteurs du Nexus humanitaire, développement, paix (HDP) et la prise en compte de la dimension paix et approche décentralisée dans la mise en œuvre du Nexus HDP seront présentées par diverses personnalités. Les travaux seront sanctionnés par l’adoption d’une feuille de route. C’est dans le souci de faire face au défi sécuritaire et de développement que le gouvernement burkinabè a élaboré, en août 2017, le Programme d’urgence pour le Sahel (PUS).

La coordonnatrice résidente du système des Nations unies a salué la volonté politique du gouvernement pour l’approche d’une approche holistique

La sécurité implique le développement

Cette option est partie d’un constat sur le terrain, à en croire le directeur général du développement territorial, Martial Wilfrid Bassolé. « La problématique sécuritaire n’est pas que sécuritaire. Elle est aussi une question de développement. Il y avait nécessité d’agir sur la question sécurité mais également sur le développement afin d’apporter de meilleures conditions de vie aux populations. Ce faisant, on s’est rendu compte aussi qu’il fallait prendre en compte la problématique humanitaire pour avoir une action coordonnée et concertée de l’ensemble des acteurs. Parce que les populations qui sont déplacées ont un besoin de réponses d’urgence en termes d’alimentation, de logement, d’accès à l’eau potable. Au-delà de cela, elles ont besoin de pouvoir sortir de cette situation d’assistanat pour pouvoir se prendre en charge », a-t-il expliqué. Pour terminer, M. Bassolé a positivement apprécié l’implication des partenaires techniques et financiers autour de cette vision dont le but ultime est de relever les défis de développement pour permettre aux populations d’avoir un meilleur accès au bien-être social au développement.

La coordination des interventions entre les différents acteurs est l’une des priorités

Aller plus vite…

« Ensemble, on va encore plus vite », dit un adage populaire. Cela a été bien compris par Interpeace. Avec une expérience de plus de 20 ans, cette organisation internationale appuie la coordination du système des Nations unies et l’ensemble des acteurs impliqués pour réfléchir sur une articulation qui pourrait permettre d’avoir une bonne coordination, tout en prenant en compte les préoccupations des populations locales. « Aujourd’hui, il y a une certaine complexité à laquelle nous faisons face. Par exemple, la situation au niveau du Sahel doit appeler tous les acteurs à davantage de coordination, d’engagement et de mobilisation. C’est dans ce cadre que nous pensons qu’il est important, avec Interpeace, la coordination des Nations unies, mais également avec l’ensemble des acteurs, d’essayer de voir dans quelle mesure on pourra coordonner nos interventions au profit des populations », a conclu le représentant résident Ousmane Nignan.

Interpeace est résolument engagé aux côtés des autres acteurs

Aïssata Laure G. Sidibé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net