L’association Littérature sans frontière (LSF) a procédé à sa rentrée littéraire, ce samedi 26 septembre 2026 à Ouagadougou. Cette rentrée est placée sous le thème « La littérature, un pont entre nos cultures et nos territoires ». La cérémonie s’est tenue sous la présidence du chargé de mission au ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme, Michel Saba. Elle s’est déroulée en présence de Bernadette Sanou/Dao, invitée spéciale de l’évènement.

L’association Littérature sans frontière a écrit une nouvelle page de son histoire. Pour sa toute première rentrée littéraire, l’organisation a réuni acteurs du livre, partenaires, éducateurs, jeunes et amoureux de la littérature autour d’un thème qui se veut à la fois une profession de foi et une invitation au dialogue. À travers cette rentrée, LSF entend donner un nouveau souffle à son engagement en faveur du livre, de l’éducation et de la jeunesse. Une ambition qui prend une résonance particulière pour une association qui, malgré ses trois années d’existence seulement, a déjà choisi de faire de la littérature un outil d’éveil, de transmission et d’épanouissement.

Prenant la parole au nom du ministre de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme, Michel Saba a salué la tenue de cette première rentrée littéraire qu’il considère comme une initiative importante pour la promotion du livre et de la lecture au Burkina Faso. Il a souligné le rôle essentiel du livre dans la transmission des savoirs, la formation citoyenne et la préservation de la mémoire collective. Pour lui, la littérature contribue également à la construction d’une société éclairée, ouverte au dialogue et attachée à ses valeurs culturelles.

« Là où les frontières peuvent parfois séparer, la littérature rapproche, rassemble et crée des passerelles entre les peuples », Michel Saba, chargé de mission au ministère de la Communication, de la culture, des arts et du tourisme

S’attardant sur le thème « La littérature, un pont entre les cultures et les territoires », Michel Saba a relevé la capacité de la littérature à dépasser les frontières géographiques et culturelles. Les œuvres littéraires permettent, selon lui, aux peuples de mieux se connaître et de mieux se comprendre, tout en préservant les histoires, les récits et les traditions propres à chaque territoire. Il a ainsi résumé cette vocation de la littérature en une formule forte.

Invitée spéciale de cette première rentrée littéraire, l’ancienne ministre de la Culture Bernadette Sanou/Dao a salué avec enthousiasme l’initiative de Littérature sans frontière, voyant dans cette rentrée le symbole d’un programme et d’un engagement appelés à s’inscrire dans la durée. Elle a particulièrement insisté sur une frontière que la littérature burkinabè doit, selon elle, contribuer à briser. Celle de la langue. Regrettant que certains lecteurs, notamment ceux auxquels s’adressent ses écrits, ne puissent pas toujours accéder aux œuvres en raison de la barrière linguistique, elle a invité LSF à intégrer davantage cette question dans ses actions. Elle a également appelé le public à faire de la lecture une pratique véritable, au-delà du simple achat des livres.

« Je ne veux pas être encouragée, je veux être lue », a lancé l’écrivaine Bernadette Sanou/Dao, appelant ainsi à une meilleure attention portée à ses œuvres et, plus largement, à celles des autres auteurs qui regorgent d’histoires et d’enseignements utiles aux lecteurs

L’ancienne responsable du Service de linguistique appliquée et directrice de l’Institut pédagogique du Burkina Faso invite les parents à offrir des livres à leurs enfants et les lecteurs à découvrir réellement les œuvres des auteurs. Pour elle, lire, c’est aussi ouvrir les portes de l’univers et permettre à la littérature de remplir pleinement sa mission d’éducation, de transmission et d’épanouissement.

Pour le président de LSF, Dr Issaka Ouédraogo, la littérature dépasse largement la seule production de textes. Elle est, dit-il en substance, mémoire, transmission et dialogue. Elle raconte les cultures, valorise les langues, conserve les traditions et contribue à donner du sens à l’histoire collective. Une conception particulièrement pertinente dans un contexte où la préservation et la transmission des patrimoines culturels constituent des enjeux majeurs pour les générations futures.

En vue d’incarner cette vision, LSF a donc choisi de placer cette première rentrée littéraire sous la référence de Bernadette Sanou/Dao, affectueusement appelée « Mama Dao ». Le choix de cette figure de la littérature et de la culture burkinabè s’inscrit, explique-t-il, dans la logique même du thème retenu. Femme de lettres, éducatrice et actrice culturelle, Bernadette Sanou/Dao a, au fil de son parcours, contribué à rapprocher le livre de plusieurs générations de lecteurs. Son nom reste notamment associé à la collection « Lire au Burkina », à travers laquelle de nombreux jeunes ont pu découvrir ou approfondir le plaisir de la lecture.

« Lorsque nous avons décidé de faire ce chemin, très peu croyaient en cette initiative ; en dehors bien sûr de mon épouse, à qui j’exprime toute ma gratitude pour son soutien multiforme », Dr Issaka Ouédraogo, président de Littérature sans frontière

Dans son message, Dr Issaka Ouédraogo a d’abord livré un regard plein d’émotions sur le chemin parcouru par l’association. Il a comparé la jeune organisation à un jeune enfant qui a appris à marcher et à courir malgré les cailloux et les épines rencontrés sur son chemin. L’aventure, explique-t-il, est née d’une initiative familiale avant de devenir progressivement une vision collective. Des bénévoles, des jeunes passionnés, des acteurs du livre et des partenaires ont rejoint le projet, contribuant à lui donner une dimension plus large.

Cette évolution constitue, pour le président de l’association, l’une des principales raisons de célébrer cette première rentrée littéraire. Celle-ci ne se résume donc pas à une cérémonie symbolique. Elle se veut un moment de respiration, de bilan et de relance. À l’image d’une nouvelle année scolaire, la rentrée littéraire doit permettre à LSF de reprendre son élan, de renouveler ses perspectives et surtout de réaffirmer sa détermination à mettre le livre au service de la jeunesse.

Selon Eliane Minougou, responsable communication de Littérature sans frontière (LSF), cette rentrée littéraire marque officiellement la reprise des activités de terrain de l’association après la pause

Elle a salué la mobilisation des acteurs du livre, de la culture et de l’éducation, ainsi que le soutien des partenaires ayant contribué à la tenue de la cérémonie. Elle a souligné que cette édition 2026 revêt une dimension particulière en réunissant trois temps forts : la reprise des activités de LSF, la célébration des jeunes lauréats de la première compétition nationale de poésie consacrée à la promotion du tourisme interne et le renforcement du programme de parrainage scolaire en faveur de l’accès à l’éducation.

La mobilisation de partenaires autour de cette action témoigne par ailleurs d’une volonté de faire de la solidarité un levier de promotion de la lecture et de l’éducation, tout en contribuant à l’épanouissement psychosocial des enfants. La dimension éducative de la rentrée littéraire s’est concrètement illustrée au cours de la cérémonie avec la remise de kits scolaires à 50 élèves issus de familles vulnérables, parrainés dans trois écoles de la place.

LSF procède à la remise symbolique de kits scolaires aux élèves parrainés de trois écoles qui ont été représentés pour l’occasion

Ce geste donne une traduction concrète à la mission que s’est assignée l’association ; celle de développer des initiatives littéraires tout en contribuant à l’éducation et à l’épanouissement psychosocial des enfants. La mobilisation de partenaires autour de cette action témoigne par ailleurs d’une volonté de faire de la solidarité un levier de promotion de la lecture et de l’éducation.

La cérémonie a également accordé une place importante à l’expression artistique. Une déclamation de slam a ainsi apporté une touche particulière à l’événement, en donnant à entendre la littérature sous une forme vivante et contemporaine. Cette prestation a rappelé que la littérature ne se limite pas aux pages des livres, mais qu’elle se dit, se partage et se performe. Elle se réinvente ainsi au gré des voix, des rythmes et des sensibilités de ceux qui la portent.

Les moments d’expression culturelle et la remise des prix aux lauréats de la compétition nationale de poésie consacrée à la promotion du tourisme interne. Le premier prix est revenu à Nicole Natama

À travers cette compétition, littérature et découverte du territoire se sont une nouvelle fois rencontrées. La poésie devient alors un moyen de porter un regard différent sur les espaces du pays, d’en révéler les richesses et de susciter l’intérêt pour le patrimoine et les destinations nationales.

Si cette première rentrée littéraire a pu voir le jour, c’est aussi grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs de la chaîne du livre. Auteurs, éditeurs, libraires, bibliothèques, imprimeurs, promoteurs littéraires et autres partenaires ont répondu à l’appel lancé par LSF. Cette mobilisation s’est notamment traduite par la mise à disposition d’ouvrages, de fournitures scolaires, de bons d’édition et de bons d’impression destinés aux jeunes lauréats et bénéficiaires.

Hamed Nanéma

Lefaso.net

Source: LeFaso.net