L’artisanat africain dispose d’un potentiel économique, social et culturel considérable. Toutefois, sa contribution au développement du continent nécessite une meilleure organisation et une collaboration plus étroite avec le secteur industriel. C’est l’un des principaux enseignements du séminaire organisé en marge de la 18ᵉ édition du SIAO, à Ouagadougou, dont la cérémonie de clôture s’est tenue ce dimanche 1ᵉʳ novembre 2026 autour du thème « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ».

Pendant deux jours, des experts, des responsables institutionnels et des acteurs du secteur ont échangé sur les perspectives de développement de l’artisanat africain. Les discussions ont permis de mettre en lumière les défis liés à la transformation locale, à la qualité des produits, au financement des entreprises artisanales, à l’innovation et à la préservation du patrimoine culturel.

Quatre sous-thématiques ont structuré les travaux, dont la première a porté sur la « Promotion de l’artisanat dans un contexte de révolution : cas de la Révolution progressiste populaire du Burkina Faso ». La deuxième a interrogé la possibilité d’« industrialiser sans dénaturer », en conciliant production à grande échelle, identité culturelle et sauvegarde du patrimoine africain. La troisième a abordé le financement de l’artisanat et les mécanismes innovants susceptibles d’accompagner la croissance des entreprises artisanales. Enfin, la quatrième s’est intéressée aux opportunités offertes par l’intelligence artificielle dans la conception des œuvres artisanales africaines.

Les différentes communications ont ainsi permis d’explorer les complémentarités entre artisanat et industrie, tout en soulignant la nécessité de préserver l’authenticité des créations africaines dans un contexte de modernisation.

le conseiller technique du ministre en charge de l’artisanat, Seydou Ilboudo, a salué la qualité des communications et la pertinence des réflexions menées

Moderniser sans perdre l’authenticité

Au terme des travaux, le conseiller technique du ministre en charge de l’artisanat, Seydou Ilboudo, a salué la qualité des communications et la pertinence des réflexions menées. Pour lui, les échanges ont permis de mieux cerner les enjeux liés à la coopération entre les secteurs artisanal et industriel.

« L’artisanat africain constitue un important levier de développement économique, social et culturel. La richesse et la diversité des contributions ont permis de mieux comprendre les enjeux, les défis et les perspectives liés au développement de ce secteur », a-t-il souligné.

Il a insisté sur la nécessité de mieux structurer le secteur artisanal et de renforcer les synergies avec l’industrie afin de favoriser la transformation locale, d’améliorer la qualité des produits, de faciliter l’accès au financement et aux technologies et de conquérir de nouveaux marchés.

Pour le représentant du ministre, le défi consiste à moderniser l’artisanat tout en préservant son authenticité. L’ambition est d’en faire un secteur structuré, organisé, compétitif et créateur de valeur. Il a également rappelé l’engagement attendu des pouvoirs publics pour offrir à l’artisanat africain un avenir à la hauteur du talent et du savoir-faire des artisans.

Invitant les participants à mettre en pratique les connaissances acquises, il les a exhortés à tirer pleinement profit des complémentarités entre artisanat et industrie. Une démarche qui, selon lui, devrait favoriser l’intégration des artisans dans les chaînes de valeur industrielles, la création d’emplois et la contribution du secteur au développement économique.

Un dispositif de suivi annoncé pour les recommandations

Du côté de l’organisation, le directeur général du SIAO, Oumarou Éric Bassolé, s’est réjoui de la qualité des échanges et de la mobilisation des participants pendant les deux jours de travaux.

« Ça a été vraiment un succès. En tout cas, il y a eu des échanges francs, il y a eu de grandes conclusions à mettre en œuvre. C’est à l’honneur de tous les panélistes, de tous les artisans ainsi que de tous les invités qui, durant deux jours, ont partagé leur expérience », a-t-il apprécié.

Selon le directeur général du SIAO, le comité d’organisation entend mettre en place un mécanisme de suivi

Toutefois, pour éviter que les conclusions du séminaire ne restent au stade des recommandations, le comité d’organisation entend mettre en place un mécanisme de suivi.

« Il y a des conclusions, il y a des recommandations et nous allons veiller à mettre ensemble une petite cellule pour le suivi et la mise en œuvre des recommandations », a annoncé le directeur général du SIAO.

Pour Oumarou Éric Bassolé, cette rencontre répond à la nécessité de réunir les différents acteurs de l’artisanat afin de discuter des difficultés du secteur et de rechercher collectivement des solutions. Il a assuré que cette dynamique de concertation allait se poursuivre.

Dans cette perspective, les échanges devaient se prolonger à travers des ateliers thématiques directement consacrés aux différents métiers. Ces rencontres devaient permettre aux professionnels d’aborder les réalités de leurs activités, leurs difficultés, leurs défis et leurs perspectives.

Hanifa Koussoubé

Lefaso.net

Source: LeFaso.net