Le Cercle d’Études, de Recherches et de Formation islamiques (CERFI) tient, ce dimanche 3 mai 2026, dans l’ensemble des régions du Burkina et simultanément, ses Conférences régionales 2026, placées cette année sur le thème : « Islam et traditions ». Pour le compte de la région du Kadiogo, c’est la ville de Ouagadougou qui a accueilli la mobilisation autour de la communication.

Le choix du thème de cette année n’est pas fortuit ; il répond à, selon les responsables du CERFI, une réalité profonde des sociétés, notamment au Burkina Faso, où l’islam, en tant que mode de vie, inter-agit quotidiennement avec des traditions et des pratiques socio-culturelles fortement enracinées. Ces inter-actions, bien que souvent harmonieuses, peuvent parfois susciter des incompréhensions, voire des tensions, présentent les organisateurs, pour qui, il devient donc impératif de créer des cadres de réflexion et de dialogue. Ce, afin de mieux comprendre les fondements de l’islam, d’analyser les traditions et d’identifier clairement les convergences et les divergences entre ces deux réalités.

Par cette initiative nationale et en simultané, le CERFI affiche une « ambition claire », celle de mener un débat public constructif, accessible et enrichissant sur les relations entre islam et traditions.

« Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, sociaux et culturels, le rôle des leaders religieux, des intellectuels et des citoyens engagés devient plus que jamais déterminant. Nous devons être des artisans de paix, des bâtisseurs d’unité et des promoteurs de dialogue inter-réligieux et inter-culturel », a, dans son discours d’ouverture, soutenu le coordonnateur régional du Kadiogo du CERFI, Boureima Zallé.

A travers cette conférence, il s’agit, commente-t-il, de permettre aux participants d’avoir une compréhension juste de ce que dit l’islam des traditions et comment se comporter avec ceux qui ne partagent pas la même conviction.

« Nous sommes appelés à vivre ensemble, sur les mêmes espaces et la même terre ; parce que le Créateur, qui nous a créés tous et qui nous a fait différents, c’est celui qui doit décider de qui doit vivre ou ne pas vivre. Il n’appartient pas à un être humain de soumettre l’autre à sa façon de voir le monde. Donc, si on se comprend, on a les éléments d’informations, cela permet de pouvoir calmer certaines ardeurs, parce que nombreux de ceux qui insultent tout le monde à travers les réseaux sociaux, le font souvent par effet de l’ignorance, ceux qui le font sciemment ne sont pas nombreux. Je crois donc que, si à travers les conférences, on arrive à faire passer le message, c’est notre cohésion sociale qui ira se renforcer », a motivé le responsable régional du CERFI au Kadiogo, Boureima Zallé.

Quant au thème à proprement dit, sur lequel nous reviendrons, il a été animé par l’imam Marboulaye Nombré, imam du CERFI et de l’A.E.E.M.B (Association des élèves et étudiants musulmans du Burkina), économiste et diplômé de l’Institut africain de développement économique et de planification de Dakar, ancien secrétaire général du ministère en charge des mines et figure des organisations islamiques au Burkina.

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Source: LeFaso.net